Le vote contre l'immigration de masse révèle un gros malaise

Le succès de l'initiative UDC contre l'immigration de masse, le 9 février dernier, révèle un malaise au sein de la population suisse. Selon l'analyse VOX publiée jeudi, il montre un vote identitaire et anti-immigration, une défiance envers le Conseil fédéral et un risque assumé de rupture avec l'Union européenne (UE).

L'initiative, acceptée de justesse par 50,3%, a été marquée par une très forte opposition gauche-droite: elle a fait le plein des voix à l'UDC, tandis que les sympathisants du PS l'ont massivement rejetée. Pour le centre-droit, la tendance est plus ambiguë.

Le rejet est net parmi les sympathisants PDC (34% d'acceptation) mais ceux-ci ont peu participé au vote. Les partisans PLR ont largement pris part au scrutin mais peu rejeté le texte de l'UDC (40% d'acceptation), a expliqué le politologue genevois Pascal Sciarini, co-auteur de l'analyse.

Déçus de la globalisation

Le texte a séduit les citoyens qui ne vont habituellement pas ou peu voter. Les milieux ruraux, les gens qui se méfient des autorités, les défenseurs des traditions et les personnes qui souhaitent favoriser les Suisses par rapport aux étrangers se sont aussi davantage mobilisés.

L'initiative a aussi bénéficié d'un fort soutien de la part des ouvriers, des indépendants et des catégories les moins favorisées. Les personnes considérant leur situation économique comme mauvaise ou très mauvaise ont été presque 9 sur 10 à soutenir le texte.

Ce vote peut être interprété comme une perception accrue des méfaits de la globalisation en général, selon les auteurs.

Contre l'immigration

Plus du tiers (35%) des personnes qui ont voté "oui" justifient en premier lieu leur choix par le fait qu'ils sont contre l'immigration par principe ou qu'il y a déjà assez/trop d'étrangers en Suisse.

La préoccupation européenne est largement reléguée au second plan, tant chez les partisans que chez les opposants. L'analyse du scrutin se base sur un sondage de gfs.bern auprès de 1511 personnes au cours des deux semaines qui ont suivi la votation.

/ATS


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