Les contingents "rallongent le processus de recrutement"

Un retour au régime des contingents compliquera le recrutement de main-d'oeuvre étrangère. Prouver que le poste vacant ne peut être comblé par le marché du travail suisse prendra du temps, indique à l'ats le Dr Pierre Kempeneers de l'Observatoire universitaire de l'emploi à Genève.

Les logiciels informatiques peuvent certes aider les entreprises à identifier rapidement les candidats potentiels. Mais ils ne fournissent de loin pas toutes les informations nécessaires. "Si vous cherchez un vendeur, il y a plein d'éléments centraux, comme l'empathie par exemple, qu'une base de données ne peut fournir", précise le spécialiste en politiques du marché du travail.

Il faut de toute façon "sentir les personnes et leurs facultés avant de les engager", donc les rencontrer. Ajouter une étape au processus de recrutement ne fait que rallonger ce dernier.

Et "ce n'est pas parce que des candidats existent sur le marché interne qu'ils accepteront forcément l'emploi en question." En réduisant le bassin disponible, la limitation de la libre circulation des personnes rend la tâche des entreprises plus ardue.

Des restrictions en matière de regroupement familial, voire un éventuel retour au statut de saisonnier, n'arrangeraient pas les choses. La Suisse deviendrait moins attractive pour les travailleurs étrangers, qui pourraient moins facilement s'y installer avec leur famille.

Obstacles aux sociétés étrangères

L'implantation de sociétés étrangères en Suisse pourrait également en subir les conséquences, complète Pierre Kempeneers. Celles-ci amènent dans leur sillage une part de personnel étranger et pourraient être rebutées par les nouveaux obstacles administratifs.

"Cette votation donne d'une manière générale un signal de fermeture". Le retour aux contingents enlève au marché du travail suisse une partie de sa souplesse, qui est l'un de ses atouts principaux et lui permet de réagir rapidement aux fluctuations de la conjoncture. "Engager du personnel rapidement soutient l'activité économique, déterminante pour lutter contre le chômage."

Mais dans l'immédiat, il ne se passera "pas grand-chose", tempère Pierre Kempeneers. Les conséquences ne se feront sentir que d'ici trois à cinq ans, prévoit-il.

/ATS


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