Les gardes-frontières vont décharger les policiers genevois

A Genève, les gardes-frontière auront dès le 1er janvier 2014 des compétences étendues en matière de lutte contre la criminalité. Ils pourront procéder aux auditions de suspects dans un certain nombre d'affaires avant d'adresser un rapport au Ministère public. Ils déchargeront ainsi la police genevoise de ces tâches.

Un accord a été signé lundi entre le canton de Genève, le Ministère public genevois et l'Administration fédérale des douanes. Les domaines où les gardes-frontières auront des compétences de police judiciaires sont la loi sur les étrangers, la loi sur les armes, la loi sur les stupéfiants et la loi sur la circulation routière.

Seuls les petits délits sont concernés par cet accord. La grosse criminalité passera par le même chemin qu'aujourd'hui, avec l'intervention obligatoire de la police dès les premières phases de la procédure. Au total, entre 500 et 600 cas par année devraient ainsi être traités par les gardes-frontière uniquement.

La police cantonale se verra ainsi soulagée des cas qu'elle devait précédemment prendre en charge suite à l'appréhension par le corps des gardes-frontière d'une personne ayant commis un délit. C'est un moment historique, a relevé devant la presse le conseiller d'Etat Pierre Maudet, chargé du département de la sécurité.

Le procureur général du canton de Genève Olivier Jornot a qualifié, pour sa part, cet accord de "petite révolution". Pour le Ministère public genevois, il se traduira vraisemblablement par une hausse du nombre de procédures, a estimé le magistrat. Les gardes-frontière, de leur côté, y voient une valorisation de leur travail.

Une telle coopération est déjà en vigueur dans d'autres cantons. Toujours dans le but de décharger la police, Genève a étendu les compétences de ses 270 agents de police municipaux qui pourront également s'occuper, dès le 1er septembre prochain, des petits délits qu'ils auront constatés, sans devoir appeler les gendarmes.

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