Les immigrés ont largement contribué à la croissance de l'emploi

La libre circulation avec l'UE a largement contribué à la forte croissance de l'emploi en Suisse. Depuis 2002, le nombre d'actifs a progressé de 624'000 personnes. Les immigrés et les frontaliers y ont contribué pour près de la moitié, sans aggraver notablement le chômage.

Le 10e rapport de l'Observatoire sur la libre circulation des personnes, présenté mercredi à la presse, confirme l'effet positif de l'accord bilatéral en vigueur depuis 2002. Cela n'a pas empêché le peuple d'accepter le 9 février l'initiative contre l'immigration de masse.

L'an dernier, l'immigration nette des pays membres de l'UE a atteint le chiffre record depuis 2002 de 66'200 personnes. Contrairement aux années 1980 et 1990, la majorité d'entre elles (plus de 60%) sont venues pour travailler.

Il s'agit essentiellement d'une main-d'oeuvre spécialisée, puisqu'au deuxième trimestre 2013, 58% des actifs venus de la zone UE disposaient d'un diplôme d'enseignement supérieur.

En dépit de la forte immigration, le chômage est resté constant depuis les années 1990. Les problèmes de concurrence pour la population résidente sont restés modérés et limités à certains groupes de personnes. L'emploi de frontaliers a toutefois fortement augmenté au Tessin, à Genève et dans le canton de Vaud.

Hausse des salaires réels

La situation varie aussi selon les branches. Alors que le chômage dans l'industrie est revenu l'an dernier dans la moyenne après la récession de 2009, celui de l'hôtellerie a grimpé l'an passé à 6%. Le taux est nettement plus faible dans la construction, mais il augmente depuis 2011 et se rapprochait en 2013 de 4%.

Selon l'Observatoire, la libre circulation n'a pas tiré les salaires vers le bas. Les salaires réels ont augmenté depuis 2002 de 0,7% par an au lieu de 0,2% dans les années 1990. Les travailleurs qualifiés en ont un tout petit moins profité. Les bas revenus n'ont en revanche pas subi d'érosion grâce aux mesures d'accompagnement.

Abus quotidiens

L'Union syndicale suisse ne croit pas à ce bilan rose. "Les problèmes d'abus sont quotidiens", a expliqué son économiste en chef Daniel Lampart. De nombreux cas de sous-enchère salariale ont été constatés dans la construction, l'horticulture, le commerce de détail, le nettoyage ou l'hôtellerie-restauration.

Il existe certaines défaillances administratives, a admis Roland Müller, directeur de l'Union patronale suisse (UPS). Mais le succès exceptionnel de l'économie repose sur la flexibilité du marché de l'emploi. Pas question d'introduire des perfectionnements excessifs dans l'extension des conventions collectives de travail.

/ATS


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