Loi sur les cartels:- Pilule indigeste pour les consommateurs

Les défenseurs des consommateurs se disent "consternés" par la décision du Conseil national de ne pas entrer en matière sur la révision du droit des cartels. Les milieux économiques se montrent en revanche soulagés.

"Je suis scandalisée", a déclaré à l'ats Sara Stalder, directrice de la fondation alémanique pour la protection des consommateurs (SKS). De son point de vue, la révision de la loi sur les cartels aurait été une bonne alternative pour faire baisser les prix des produits importés.

"De toute évidence, le lobby des grandes sociétés a joué à plein régime, a-t-elle poursuivi. A moyen terme, cette politique des prix élevés va affaiblir la place économique helvétique (...) Le tourisme d'achat, qui coûte des milliards de francs à l'économie locale, n'est pas près de cesser," a poursuivi l'Alémanique.

Car les prix pratiqués en Suisse sont bien plus élevés que ceux pratiqués en France, en Allemagne ou en Italie. Les Suisses dépensent en moyenne 57% de plus pour les mêmes magazines, 25% pour les vêtements et les cosmétiques, 19% pour les jouets et les articles de sports et 13% pour les chaussures", a rappelé la Fédération romande des consommateurs (FRC) dans un communiqué.

Un "revers" pour Monsieur Prix

Même déception chez le surveillant des prix Stefan Meier Hans: "c'est un revers dans la lutte contre l'îlot de cherté suisse".

De l'autre côté de l'échiquier politique, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) est soulagée. "Ce changement d'une législation sur les abus en une législation prohibitive est totalement inapproprié dans le droit de la concurrence".

Actuellement, les ententes et coopérations entre entreprises ne sont pas autorisées si elles nuisent à la concurrence. L'autorité compétente a pour tâche de fournir la preuve si c'est le cas, rappelle la SSE.

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) respire également. Une interdiction partielle des cartels aurait pénalisé les PME, selon elle.

Le Conseil des Etats, qui avait déjà eu beaucoup de peine à accoucher d'un texte, doit à nouveau se prononcer. S'il se rallie au rejet des députés ou si ces derniers campent sur leurs positions, le dossier sera enterré.

/ATS


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