Maudet: avoir laissé seule Adeline est "une insulte au bon sens"

L'Etat devra rendre des comptes à la suite de l'assassinat d'Adeline, a indiqué vendredi Pierre Maudet, dans une interview accordée au "Matin" et à la "Tribune de Genève". Le conseiller d'Etat genevois ne s'était plus exprimé depuis l'annonce de la mort de la sociothérapeute il y a une semaine.

"Des questions aiguës se posent. Elles sont légitimes", a relevé le responsable du Département de la sécurité. M. Maudet ne comprend toujours pas pourquoi un violeur récidiviste a été autorisé à effectuer une sortie éducative avec une femme seule. "La victime était certes expérimentée et reconnue comme telle", mais "l'avoir laissé sortir seule est une insulte au bon sens. Je suis choqué".

Le centre de réinsertion des grands délinquants de la Pâquerette, où travaillait Adeline, est sous les feux des projecteurs. Jusqu'à présent gérée par les HUG, cette structure est passée mercredi sous l'autorité de M. Maudet.

Mesures immédiates

Le conseiller d'Etat a pris des mesures immédiates. La Pâquerette ne constituera plus une unité spécifique au sein de la prison de Champ-Dollon. Le centre appliquera dorénavant le même règlement que la prison en ce qui concerne les détenus. "Les sorties et les contacts avec l'extérieur ont été supprimés".

Les pensionnaires de la Pâquerette ne disposeront plus de la "libre utilisation du téléphone et l'accès à Internet", a souligné M. Maudet. Pour le ministre, les pensionnaires du centre de réinsertion "sont d'abord des détenus et ensuite des patients, contrairement à l'approche qui semble avoir prévalu jusqu'ici".

Sécurité bafouée

Le responsable du Département genevois de la sécurité "a le sentiment que dans cette problématique, la situation a dérivé" et que la "préoccupation sécuritaire est passée à l'arrière-plan".

Dans l'affaire Adeline, a expliqué M. Maudet, "il y a eu visiblement défaut de directives ou alors des directives pas adaptées à l'évolution des temps". Si le conseiller d'Etat ne remet pas en cause l'existence de la Pâquerette, il estime qu'"humanisme ne doit pas rimer avec naïveté".

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