Pédophiles: contre-projet à l'initiative de la Marche Blanche

L'initiative de la Marche Blanche qui veut interdire aux pédophiles toute activité professionnelle avec des enfants est lacunaire. Le contre-projet indirect du Conseil fédéral est plus nuancé et mérite d'être pris en considération, a décidé lundi le Conseil national. L'UDC a plaidé en vain pour que le peuple vote aussi vite que possible seulement sur l'initiative.

La majorité des partis, du PS au PLR, est convaincue qu'il faut développer une révision de loi indépendamment du choix populaire sur l'initiative de la Marche Blanche. "Il s'agit de compléter efficacement le code pénal en y introduisant des dispositions qui protègent mieux les enfants", a déclaré Viola Amherd (PDC/VS).

Le contre-projet du Conseil fédéral va notamment plus loin que l'initiative de la Marche Blanche sur plusieurs points: il vise des actes commis dans le cadre de l'activité professionnelle mais aussi non professionnelle, comme par exemple dans un club sportif.

Empêcher tout contact

Il prévoit en outre des interdictions de contacts et des interdictions géographiques afin d'empêcher un pédophile d'avoir une quelconque relation avec ses victimes.

Le Conseil national est entré tacitement en matière sur ces dispositions réunies dans un premier paquet pour réviser le code pénal. Les débats se poursuivent mardi avec la discussion de détail sur ces dispositions.

Les députés ont en revanche écarté d'autres mesures prévues par le gouvernement pour les intégrer dans un deuxième paquet. Il s'agit de dispositions qui sont étroitement liées à l'initiative de la marche Blanche, à savoir l'interdiction systématique d'exercer une activité avec des mineurs ou des adultes vulnérables.

Par 117 voix contre 58, la Chambre du peuple a décidé de renvoyer en commission ce deuxième paquet de mesures pour qu'elle élabore un projet plus affiné. L'UDC aurait voulu que la commission attende l'issue de la votation populaire sur l'initiative avant de légiférer sur ces aspects.

UDC isolée

L'UDC s'est retrouvée complètement isolée dans sa volonté de vouloir faire voter le peuple aussi vite que possible sur l'initiative sans contre-projet direct ou indirect. "Le contenu de l'initiative ne doit surtout pas être édulcoré", a plaidé en vain Nathalie Rickli (UDC/ZH) au nom de son groupe.

L'initiative populaire de la Marche Blanche demande de priver définitivement d'exercer une activité professionnelle ou bénévole avec un enfant ou une personne dépendante quiconque a été condamné pour atteinte à l'intégrité sexuelle d'une personne de cette catégorie.

/SERVICE


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