Plurilinguisme: le Conseil fédéral veut donner le bon exemple

En plein débat sur l'apprentissage du français en Suisse alémanique, le Conseil fédéral lance un signal. Il a pris des mesures en vue d'améliorer la position des minorités dans l'administration fédérale et de renforcer le plurilinguisme.

Le Conseil fédéral "entend montrer le bon exemple et assumer les responsabilités qui lui incombent en matière de promotion des langues nationales et de cohésion nationale", avertit-il. L'annonce est tombée alors que Nidwald vient de révéler son intention d'emboîter le pas à la Thurgovie en supprimant l'enseignement du français à l'école primaire.

Au sein de l'administration fédérale, les réfractaires aux autres langues nationales risquent d'avoir quelques soucis, en particulier s'ils gravissent les échelons hiérarchiques. L'ordonnance révisée impose désormais aux cadres moyens "une bonne connaissance active d'au moins une deuxième langue officielle".

Quant aux cadres qui exercent une fonction de conduite, ils doivent se prévaloir en plus de la connaissance passive d'une troisième langue officielle. Si un chef ne possède pas le niveau linguistique requis lors de son engagement, il se verra proposer des mesures dans l'année. En général, des cours d'allemand, français et italien sont proposés aux employés de la Confédération.

Minorités dans les offices

Autre innovation prévue, la répartition équitable des communautés linguistiques sera désormais contrôlée pour toutes les unités administratives et non plus par département uniquement.

Les valeurs sont définies sous forme de fourchettes afin de tenir compte des fluctuations. L'administration devrait ainsi compter 68,5 à 70,5% de collaborateurs germanophones, de 21,5 à 23,5% de francophones, de 6,5 à 8,5% d'italophones et de 0,5 à 1% de romanches.

Grandes différences

Actuellement, l'Intérieur est le plus francophile (28,9% en 2012), suivi par le Département des affaires étrangères (DFAE). La Défense est lanterne rouge en la matière (17,4%). A l'avant-dernière place arrive le Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) avec 18,6% de francophones.

Les différences sont encore plus importantes entre les offices. A l'avenir, les indicateurs seront publiés.

/ATS


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