Sauver Lavaux: Le Grand Conseil soutient le compromis

Le Grand Conseil vaudois a massivement soutenu mardi le contre-projet du Conseil d'Etat sur la protection de Lavaux. Les Vaudois auront le dernier mot le 18 mai: ils choisiront entre le contre-projet et l'initiative de Franz Weber.

"Dangereuse", "trop contraignante", "ambiguë et contradictoire": sans surprise, les députés ont clairement rejeté une initiative "Sauver Lavaux III" qui met, à leurs yeux, une région sous cloche et réduit trop fortement les compétences communales en matière d'aménagement du territoire. Par 124 voix contre 12 et 2 abstentions, ils ont apporté leur appui au contre-projet, qui sera soumis au vote le 18 mai avec l'initiative.

Moins de zones à bâtir

Le contre-projet, défendu par un Conseil d'Etat unanime, assure une protection renforcée de Lavaux, sans figer le site, assurent ses partisans. Les communes devront redimensionner leurs zones à bâtir, qui passeront de 40 hectares actuellement à 20-25 hectares.

Les communes de la région et le monde viticole soutiennent ce compromis qui leur laisse une marge de développement. "Lavaux est sous bonne garde. Il faut barrer la route à l'initiative", a lancé le PLR Maurice Neyroud, vigneron et président de la Commission intercommunale de Lavaux. Pour de nombreux élus, le texte de Franz Weber constitue une menace pour le monde viticole.

"Si Lavaux est aussi beau, c'est avant tout grâce au travail de ses vignerons", a renchéri le conseiller d'Etat Philippe Leuba. "Ce district a le droit de vivre. On ne peut pas le condamner à la sclérose. Nous avons trouvé un chemin entre les légitimes préoccupations des uns et des autres".

Réponse aux pressions immobilières

Jean-Michel Dolivo, au nom du groupe La Gauche, s'est retrouvé assez seul, avec une poignée de Verts, à défendre l'initiative du Montreusien. Ce texte répond aux pressions spéculatives et immobilières qui dénaturent petit à petit le paysage, a-t-il plaidé. Il est faux de dire qu'il gèle toute construction sur le site.

"L'initiative ne fait que préserver le paysage et maintenir son aspect traditionnel", a-t-il ajouté. Des constructions en sous-sol restent possibles. Il permet un "développement raisonnable".

/ATS


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