Suspect devant la justice trois ans après la mort d'une femme

Plus de trois ans après la mort d'une jeune femme dans un accident sur le lac de Bienne, l'auteur présumé de ce drame comparaît lundi devant le Tribunal Jura bernois-Seeland. Accusé d'homicide par négligence, ce retraité septuagénaire nie être l'auteur de l'accident.

Le drame survenu le 11 juillet 2010 vers 18h00 sur le lac de Bienne avait suscité une vive émotion dans toute la Suisse. Une femme âgée de 24 ans, qui était à bord d'un canot pneumatique avec son fiancé, a eu les jambes lacérées par l'hélice d'un bateau à moteur qui avait percuté leur embarcation.

Le pilote n'a rien remarqué

La jeune fille domiciliée dans le canton d'Argovie était morte d'une hémorragie dans les bras de son fiancé, trois semaines avant la date prévue de leur mariage. Le pilote du bateau fautif avait poursuivi sa course en direction de Bienne. L'accident s'était produit près du débarcadère de l'Ile Saint-Pierre alors que le jeune couple regagnait le village de Lüscherz (Locras).

Très rapidement, les soupçons se sont portés sur le conducteur d'une embarcation à moteur de la marque Boesh qui était sur le lac de Bienne au moment de cet accident. Lors de l'instruction, cet homme et les deux passagers ont déclaré n'avoir rien remarqué d'anormal le jour du drame.

Selon l'acte d'accusation, le retraité qui est domicilié dans la région n'aurait pas remarqué les gestes et les appels des deux occupants du canot en raison d'une inattention et d'une mauvaise vue. L'homme, qui est le seul navigateur poursuivi par l'enquête, risque jusqu'à trois ans de prison. La juge unique rendra son verdict mercredi.

Enquête complexe

Plusieurs expertises, en partie extrêmement complexes, ainsi que la recherche de traces d'ADN sur l'arbre de l'hélice du bateau de ce retraité, auront nécessité beaucoup de temps et de travail. Une commission d'enquête spéciale de la police cantonale bernoise a dû vérifier de nombreuses informations émanant notamment de la population. Une reconstitution a aussi été effectuée.

La police aura même eu recours à un moyen peu conventionnel pour tenter de connaître le déroulement de l'accident et pour identifier le navigateur fautif. Elle s'est adressée à l'armée pour savoir s'il existait des images satellites prises à ce moment précis. Mais le résultat s'était révélé négatif.

/SERVICE


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