Téhéran considère que Genève II sera un échec en son absence

L'exclusion de l'Iran a sauvé in extremis l'organisation de la Conférence de paix Genève II. Mais Moscou a évoqué une "erreur" et Téhéran annonce par avance un échec des discussions en son absence.

Lundi soir, l'hôte de la conférence qui s'ouvre demain à Montreux (VD), le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, a dû se rétracter et retirer l'invitation de dernière minute qu'il avait adressée à l'Iran.

"Tout le monde sait que sans l'Iran, les chances (de parvenir à) une vraie solution en Syrie ne sont pas si grandes", a commenté le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, interrogé par la télévision d'Etat iranienne.

"Il est clair qu'une solution globale à la question syrienne ne pourra être trouvée si toutes les parties influentes ne sont pas impliquées dans le processus", a-t-il ajouté.

Soutien par l'Iran

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui souhaitent le départ du président Bachar al-Assad, avaient tous trois fait d'un soutien iranien à une transition démocratique une condition de sa présence en Suisse.

Téhéran est accusé de donner un soutien militaire et financier au régime syrien dans le conflit, qui a fait plus de 130 000 tués depuis mars 2011. L'opposition syrienne lui demande de retirer ses troupes engagées aux côtés de l'armée de Bachar al-Assad.

L'autre soutien de Damas, la Russie, qui s'était concertée la semaine dernière à Moscou avec les chefs de la diplomatie syrienne et iranienne, a réagi sobrement. "C'est bien sûr une erreur", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "Nous avons toujours souligné que tous les acteurs extérieurs devaient être représentés", a-t-il encore ajouté.

Critique sur Ban

M. Lavrov a critiqué les explications données par M. Ban pour son revirement. "Quand le secrétaire général de l'ONU a dit qu'il était contraint d'annuler son invitation à l'Iran parce que l'Iran ne partage pas les principes du règlement inscrits dans le communiqué de Genève (de juin 2012, NDLR), c'est à mon avis une phrase assez retorse", a estimé M. Lavrov.

"Ceux qui ont exigé que l'on annule l'invitation de l'Iran sont ceux qui affirment que la mise en oeuvre du communiqué de Genève doit aboutir à un changement de régime" en Syrie, a déclaré le ministre russe.

"C'est une interprétation malhonnête de ce dont nous avons convenu à Genève en juin 2012", a poursuivi M. Lavrov. Le ministre russe n'a toutefois pas vu de "catastrophe" dans l'absence de l'Iran à Genève II. Cette polémique, avant même le début de la Conférence, souligne la fragilité du processus engagé. .

/ATS


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