Un médicament anti-tabac controversé désormais remboursé

On pourra désormais arrêter de fumer avec l'aide de l'assurance maladie. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a inscrit lundi le médicament Champix, qui aide au sevrage tabagique, sur la liste des spécialités remboursées par l'assurance de base, sous certaines conditions. Cette décision suit une injonction du Tribunal fédéral.

Dans un arrêté daté d'août 2011, les juges de Mon-Repos avaient contraint la Confédération à revoir son veto au remboursement de cette préparation du géant pharmaceutique Pfizer. Il s'agit du premier médicament anti-tabac à bénéficier d'une prise en charge par l'assurance de base.

Mais celle-ci ne sera assurée que lors d'un sevrage sous contrôle médical, a averti l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les caisses devront assumer les coûts uniquement pour les personnes majeures qui présentent une dépendance forte ou très forte au tabac. Un test international (Fagerström) permettra d'évaluer le degré de dépendance.

Le remboursement est prévu aussi pour les patients qui souffrent de maladies liées au tabagisme, comme les bronchites chroniques, les cancers ou les maladies cardio-vasculaires. La thérapie est prise en charge pour douze semaines. Les coûts pour l'assurance de base devraient dépasser un million de francs par an, estime l'OFSP.

Etats suicidaires

En vente en Suisse depuis 2007, le Champix suscite la controverse. Des centaines de plaintes ont été déposées aux Etats-Unis contre Pfizer en raison des effets secondaires du médicament, accusé d'entraîner des états suicidaires, voire des passages à l'acte. En France, la préparation n'est plus remboursée depuis 2011 et figure sur une liste de médicaments sous surveillance renforcée.

Les effets positifs et négatifs ont été mis dans la balance, assure-t-on auprès de l'OFSP. Le médecin accompagnant le patient décidé à arrêter de fumer devra l'avertir des effets secondaires et surveiller une éventuelle apparition.

Possédant un mode d'action inédit, ce composé à base de varénicline agit directement sur les mêmes récepteurs que la nicotine et se révèle ainsi capable d'inhiber la sensation de plaisir décrite par les fumeurs après la prise d'une cigarette.

/SERVICE


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