Une commission réfléchit à une régulation du cannabis en Suisse

L'interdiction totale du cannabis, en vigueur en Suisse, demeure insatisfaisante, constate la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues (CFLD). Celle-ci suit les expériences menées ailleurs et s'intéresse au modèle genevois d'association de consommateurs de cannabis.

La commission, qui s'est penchée sur la problématique lors de sa retraite annuelle, n'a pas pris position sur un modèle ou un autre, a indiqué à l'ats son président Toni Berthel. Elle est cependant parvenue à la conclusion qu'il fallait trouver une solution incluant la production, la vente et la consommation.

Actuellement, il est quasiment impossible d'acheter et de consommer légalement du cannabis en Suisse, a poursuivi M. Berthel. L'acquisition se fait souvent sur le marché noir, sans garantie sur la qualité du produit.

Projet-pilote à Genève

En outre, la situation actuelle ne permet pas de protéger efficacement les jeunes, constate la CFLD dans son communiqué. Le cannabis reste la drogue la plus répandue, surtout chez les 15 à 24 ans, selon une étude du Monitorage suisse des addictions publiée en octobre dans le Bulletin de l'Office fédéral de la santé publique.

D'où l'intérêt des expériences menées actuellement dans le monde, comme aux Etats-Unis ou en Espagne, pour légaliser le cannabis. L'Uruguay a par exemple adopté une loi autorisant la production et la vente de cannabis sous contrôle étatique. La commission suit également les travaux à Genève en vue d'un projet-pilote.

Un groupe de députés genevois interpartis a proposé d'autoriser pendant trois ans dans le canton la culture, la distribution et la consommation de cannabis dans le cadre d'associations. Ce système permet de contrôler la qualité des produits et leur teneur en THC et de séparer les marchés du cannabis des drogues plus dangereuses, selon les initiants genevois.

Zurich, Berne et Bâle approchées

L'idée serait de mener le projet avec d'autres villes suisses. Zurich, Berne et Bâle ont déjà été approchées et des auditions des milieux concernés ont déjà eu lieu. "Un tabou a été levé avec cette initiative", a indiqué Lydia Schneider-Hausser, députée socialiste au Grand Conseil genevois.

Les modalités du projet feront l'objet d'une présentation vraisemblablement en juin. Mais l'expérience sur le terrain dépendra des dérogations obtenues au plan fédéral.

/ATS


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