Valais: un juge extérieur va instruire un volet de l'affaire Giroud

Le parlement valaisan se voit contraint de faire appel à un juge extérieur pour instruire un volet de l'affaire Giroud. La plainte pénale pour abus d'autorité et gestion déloyale des intérêts publics vise autant de magistrats qui se sont récusés. L'ex-conseiller aux Etats et ancien procureur tessinois Dick Marty est pressenti.

La plainte déposée en août dernier par l'avocat Stéphane Riand vise autant le conseiller d'Etat Maurice Tornay que le chef du service des contributions et le procureur général valaisan Nicolas Dubuis. Le Ministère public valaisan s'est d'ailleurs récusé dans son ensemble dans cette affaire, a indiqué à l'ats Serge Métrailler, président de la commission de justice confirmant une information du "Nouvelliste".

Unanime, la commission de justice a ainsi décidé de confier à un magistrat extérieur au canton le mandat d'instruire la plainte. Les procureurs des cantons de Vaud et Genève ont été écartés d'emblée, à cause des risques de collusion. Des procédures liées à l'affaire Giroud sont en effet pendantes ou ont été jugées dans ces deux cantons.

La commission de justice a déjà pris contact avec Dick Marty. L'ex-conseiller aux Etats est régulièrement sollicité, notamment à l'international, pour mener des enquêtes sensibles, à l'image de celles sur les prisons secrètes de la CIA, sur le trafic d'organes au Kosovo ou sur le dopage dans le cyclisme. Le libéral-radical tessinois s'est dit prêt à donner suite à la demande valaisanne.

300 francs de l'heure

Si le mandat ne lui a pas encore été formellement confié, c'est parce que la loi cantonale sur le traitement des autorités judiciaires et des représentants du ministère public doit d'abord être modifiée. Celle-ci prévoit en effet que la rémunération ne doit pas dépasser 500 francs par jour, ou 70 francs de l'heure, alors que Dick Marty réclame près de trois fois plus.

Une initiative parlementaire urgente a été présentée vendredi au parlement. Ce dernier a accepté son opportunité. Il doit se prononcer définitivement en décembre, a encore indiqué le président de la commission de justice.

/ATS


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