EPFL: une protéine lumineuse pour doser les médicaments

Des chercheurs de l'EPFL ont développé une molécule dont la luminosité indique le bon dosage médicamenteux dans le sang. Rouge signifie pas assez, bleu assez. Le patient pourrait ainsi faire la vérification lui-même très simplement à l'aide d'un appareillage simple.

Le surdosage comme le sous-dosage de médicaments peut être dangereux, a indiqué dimanche l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué. La nouvelle technique, qui pourrait éviter de coûteuses analyses sanguines en laboratoire, ne nécessite pour l'instant qu'un appareil photo numérique.

L'équipe de Kai Johnsson a combiné des protéines synthétiques se liant à un médicament donné et à ses récepteurs dans le corps avec une protéine lumineuse appelée Luciférase. Celle-ci passe du rouge au bleu en fonction de la distance entre les molécules de principe actif et le complexe protéique, selon ses travaux publiés dans la revue "Nature Chemical Biology".

Programme informatique ad hoc

Afin de déterminer si le dosage est bon, une goutte de sang du patient est mêlée à ce nouveau biosenseur, mis dans une boîte noire et photographié. En comparant la couleur sur une courbe standard avec un programme informatique ad hoc, on obtient rapidement le verdict.

Les auteurs ont montré que ce test fonctionne avec six médicaments différents. Selon eux, il pourrait s'appliquer à presque n'importe quelle substance active. Ils y voient une possibilité bon marché et efficace de personnaliser le dosage de médicaments chez des patients souffrant de toutes sortes de maladies.

Une start-up a été créée en vue de commercialiser la chose. Les chercheurs tentent maintenant de faire évoluer le système afin que le patient n'ait qu'à mettre une goutte de sang sur une bandelette de papier puis d'insérer celle-ci dans un appareil de lecture. Il obtiendrait ainsi un résultat immédiat, à l'instar des diabétiques mesurant leur taux de sucre.

/ATS


Actualisé le