Etude: encore une très grosse part d'énergies fossiles en 2050

Les énergies fossiles constitueront encore une très grosse part du bouquet énergétique en 2050. C'est la conclusion d'une étude réalisée par l'Institut Paul Scherrer (PSI) à Villigen (AG) pour le Conseil mondial de l'énergie (CME), dont le congrès mondial se tient jusqu'à jeudi à Daegu (Corée du Sud).

Les chercheurs du PSI ont élaboré deux scénarios: dans le premier, appelé "jazz", les différents acteurs agissent en toute liberté, alors que le second ("symphonie") postule davantage d'interventions régulatrices, a indiqué lundi le PSI.

Dans les deux scénarios, la consommation mondiale d'énergie va augmenter. Avec "jazz", l'économie connaît une croissance plus rapide et des besoins énergétiques en hausse, couverts à 80% par des sources d'énergies fossiles. Conséquence: les émissions de CO2 augmentent de 50%. Avec ce scénario, le monde s'adapte aux dommages environnementaux associés aux énergies fossiles plutôt que de les éviter.

Avec "symphonie", l'économie connaît une croissance moins importante. Malgré l'amélioration de l'efficacité énergétique, la consommation mondiale d'énergie augmente aussi, mais les besoins par habitant baissent "légèrement" et les émissions de CO2 diminuent de 40%. Ce scénario établit deux priorités: sécurité de l'accès à l'énergie et prévention des dommages environnementaux.

Conséquences pour le climat

Les conséquences pour le climat sont très différentes en fonction du scénario choisi, souligne le PSI. Pour cette analyse, l'institut s'est basé sur les dernières études du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Avec "jazz", "il est improbable que l'on réussisse à atteindre l'objectif d'un réchauffement global ne dépassant pas 2 degrés à la fin du siècle", souligne le PSI. Avec "symphonie" et sa politique de protection du climat, "on se trouve davantage sur la voie menant à cet objectif".

Pauvreté énergétique en baisse

Fait "réjouissant", selon le PSI: dans les deux scénarios, la pauvreté énergétique mondiale diminue "nettement". Cette tendance est plus marquée avec "jazz": dans ce scénario, le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'électricité passerait de 1,3 milliard actuellement à 300 millions en 2050.

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