Fonds propres des banques: Eveline Widmer-Schlumpf critiquée

Les propos de la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf sur les fonds propres des grandes banques continuent de susciter des commentaires. Le professeur émérite de finance à l'Université de Zurich Martin Janssen se montre critique.

Dans un entretien paru dans "Schweiz am Sonntag", le professeur met en garde contre une une vision simpliste du ratio d'endettement (leverage ratio), soit le ratio minimal entre fonds propres et total du bilan.

Deux chiffres sont étudiés dans le domaine de la régulation bancaire non sans raison, relève-t-il. En plus du leverage ratio, le ratio de fonds propres pondéré en fonction des risques est un instrument pertinent, estime Martin Janssen.

Un leverage ratio compris entre 1 et 2% est bien sûr trop faible et il y a une tendance au niveau mondial à augmenter les fonds propres, reconnaît-il. Selon lui, il est donc important d'unifier sur le plan international les définitions des ratios d'endettement. Tous les risques, qui pourraient menacer les banques, seraient ainsi enregistrés de façon uniforme.

Eveline Widmer-Schlumpf a déclaré le week-end dernier en marge d'une réunion de sa formation, le Parti bourgeois-démocratique (PBD), que le seuil de capital propre à 4,5% à atteindre en 2019 pourrait être trop bas. Selon elle, un taux de 6 à 10% serait plus sûr.

Manque de prudence

Martin Janssen aurait formulé les choses différemment. "En tant que ministre des finances, je n'aurais pas partagé de tels propos en marge d'une réunion de mon propre parti", explique-t-il.

Le professeur prône la prudence. "On ne peut pas exclure que ces commentaires ont contribué de manière significative aux fortes baisses des actions des grandes banques le lendemain à la Bourse suisse". Les titres UBS Credit Suisse ont perdu lundi passé respectivement 5,3% et 6,7%. Des courtiers ont attribué la chute des cours aux propos tenus par la conseillère fédérale.

"Une partie des pertes ont été effacées depuis", relève Martin Janssen. "On peut toutefois supposer que des actionnaires individuels ont perdu beaucoup d'argent", ajoute-t-il.

/ATS


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