Fukushima: Tepco entame le retrait du combustible du réacteur 4

La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima au Japon a commencé lundi comme prévu le retrait du combustible de la piscine du réacteur 4. L'opération très délicate prendra au total plus d'un an, si tout va bien. L'ensemble du démantèlement de la centrale devrait durer des décennies.

Tepco a transféré quatre assemblages dans un réceptacle en acier, au sein du bassin de refroidissement où elles se trouvaient déjà. "Nous continuerons ce travail demain, en accordant une attention importante à la sécurité", a expliqué Tokyo Electric Power (Tepco).

Le combustible extrait de la piscine 4 sera ultérieurement placé dans une autre piscine, dite "commune", plus sûre, distante d'une centaine de mètres. L'ensemble des opérations pour ces 22 assemblages prendra une semaine.

"Tepco fera ensuite une pause pour analyser cette première étape et étudier s'il existe des améliorations à apporter avant de reprendre les travaux à une date indéterminée", a précisé un porte-parole.

Environnement difficile

L'extraction du combustible de la piscine 4 est d'autant plus délicate que ce bassin est situé en hauteur dans le bâtiment du réacteur 4, à moitié détruit par une explosion d'hydrogène quelques jours après la dévastation de la centrale Fukushima Daiichi par le tsunami du 11 mars 2011.

Tepco a depuis bâti une nouvelle couverture, installé un dispositif neuf de retrait du combustible, et procédé à la récupération des détritus tombés dans le bassin, au-dessus des assemblages qu'il contient. Cependant, la difficulté se trouve dans la présence de petits débris coincés au milieu des assemblages de combustible, préviennent les experts.

Experts circonspects

Des répétitions ont eu lieu et les équipes sont désormais jugées bien formées par Tepco et l'expert nucléaire américain, Lake Barrett, invité à suivre les préparatifs. Toutefois, d'autres spécialistes étrangers sont sceptiques et préviennent que d'éventuelles erreurs de manipulation pourraient avoir des conséquences graves qui pourraient perturber le calendrier des travaux.

C'est la première fois qu'une telle opération est réalisée dans un environnement accidenté où les techniciens doivent oeuvrer en combinaisons de protection et porter des masques intégraux pour se protéger de la radioactivité.

Il s'agit en outre de la plus délicate opération depuis la stabilisation du site en décembre 2011. "Ce retrait ouvre un nouveau chapitre important dans notre tâche de démantèlement", qui doit durer 40 ans, a commenté le PDG Hirose dans un message vidéo.

/ATS


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