Hommage sur le site du barrage - Royal critique le projet

Plusieurs milliers de personnes se sont recueillies dimanche dans le calme en France en mémoire de Rémi Fraisse, mort sur le site du barrage contesté dans le Tarn. Les forces de l'ordre tentaient elle de contenir une manifestation illégale dans l'est parisien, procédant à 78 arrestations.

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a pour sa part critiqué la pertinence du projet de barrage. Elle a estimé qu'il y avait eu dans ce dossier "manifestement une erreur d'appréciation" et qu'un "tel ouvrage ne serait plus possible aujourd'hui".

Deux mille personnes sur le site

Plusieurs rassemblements ont été organisés dimanche, une semaine jour pour jour après la mort du jeune manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, dans le Tarn. Le plus important s'est déroulé dans le calme et le recueillement sur le site du chantier lui-même où l'affluence n'a cessé de croître au fil des heures.

Plus de 2000 personnes de tous âges - opposants occupant le chantier depuis des mois, sympathisants écologistes, riverains venus en famille avec enfants et poussettes, élus PCF ou Verts comme José Bové - ont marché sur une large bande de terrain déboisée et décapée. Ils ont planté dans le sol des glands de chêne et des pousses d'arbre pour recréer la zone humide détruite.

Nombre d'entre eux arboraient un logo représentant une renoncule, une herbe vivace dont Rémi Fraisse assurait la coordination du suivi en tant que botaniste bénévole pour l'association Nature Midi-Pyrénées.

Ils se sont ensuite recueillis à l'endroit où le jeune homme avait péri, mort dans l'explosion d'une grenade offensive lancée par les gendarmes selon les premiers résultats de l'enquête. Des bouquets de fleurs y avaient été disposés avec des éléments de flashball et de grenades utilisés par les gendarmes sur le site ces dernières semaines.

Deux manifestations à Paris

A Paris, environ 700 personnes se sont également rassemblées dans le calme au Champ-de-mars. Au milieu du sit-in, un manifestant affublé d'un masque blanc arborait un panneau: "Rémi, notre frère d'arbre".

Mais dans l'est de la capitale, les forces de l'ordre tentaient de contenir quelque 300 personnes venues participer à une manifestation illégale, toujours en mémoire du jeune manifestant. Au moins 78 d'entre elles ont été interpellées aux abords et sur la place Stalingrad.

Heurts à Nantes et Toulouse samedi

Le gouvernement et la préfecture de Paris ne veulent de toute évidence pas revoir les images des deux rassemblements samedi de Nantes et de Toulouse qui ont dégénéré en affrontements violents entre une partie des manifestants et les forces de l'ordre. Au lendemain de ces débordements, 5 personnes étaient toujours en garde à vue à Nantes (sur 21 interpellées) et 16 (sur 16) à Toulouse.

/ATS


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