La BNS confirme la détérioration des perspectives économiques

La Banque nationale suisse (BNS) maintient sa politique monétaire et confirme la détérioration des perspectives économiques. L'institut d'émission a abaissé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) à près de 1,5% pour cette année, contre 2% estimé encore en juin.

Depuis l'été, l'environnement international s'est péjoré, a souligné jeudi la BNS dans son examen trimestriel. Dans les principaux Etats de la zone euro, l'évolution de la conjoncture a été bien plus faible qu'escompté. Et nombre d'économies émergentes restent atones.

La reprise mondiale sera plus faible que prévu, selon la BNS. Les tensions géopolitiques pourraient peser sur la confiance des consommateurs et des entreprises. Des impulsions sont attendues du côté des Etats-Unis. La veille, son homologue américaine (Fed) a pourtant abaissé ses propres pronostics.

Depuis début septembre, les prévisionnistes se montrent dans l'ensemble bien plus pessimistes. Credit Suisse, par exemple, n'attend plus qu'une progression de 1,4% pour cette année, contre 2% auparavant, et de 1,6% (1,8%) l'an prochain.

Risque de déflation

Sur le front du marché hypothécaire, la BNS reconnaît une légère accalmie, mais rien n'indique que les déséquilibres accumulés au fil des ans soient en train de se résorber. Elle examine donc "régulièrement" la situation pour adapter, le cas échéant, le niveau du volant anticyclique de fonds propres.

Avec le ralentissement général qui se concrétise, l'inflation devrait faiblir à compter de mi-2015. Pour cette année, la prévision reste à 0,1%. Le renchérissement devrait s'inscrire à 0,2% en 2015 (contre 0,3% estimé en juin) et à 0,5% en 2016 (0,9% en juin). Le risque de déflation dans le pays s'est encore accru, relève la BNS.

Le franc frôle la limite

La BNS ne touche pas non plus au cours plancher de 1,20 franc pour un euro, introduit en septembre 2011. Celui-ci reste l'instrument central pour "prévenir un durcissement inopportun des conditions monétaires".

Jeudi, la devise helvétique s'est encore rapprochée du niveau plancher, à 1,207 franc pour un euro, contre 1,211 avant les annonces de la BNS. Certains investisseurs n'excluaient pas des mesures pour faire baisser le franc, notamment une politique de taux négatifs, notait l'agence Reuters.

/ATS


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