Croissance nulle dans la zone euro au deuxième trimestre

La zone euro a vu son produit intérieur brut (PIB) stagner au deuxième trimestre, après avoir progressé de seulement 0,2% au trimestre précédent, a indiqué l'office européen des statistiques Eurostat. C'est une importante déception.

Les analystes tablaient sur une croissance de 0,2% au deuxième trimestre, au même rythme qu'en début d'année, et non sur une croissance zéro. Ce chiffre n'est toutefois pas une surprise après la publication des PIB allemand et français dans la matinée, et celui de l'Italie la semaine dernière.

L'Allemagne a en effet vu son activité se contracter de 0,2% sur la période, un recul plus fort que prévu même si ce passage à vide ne devrait être que temporaire, assurent les analystes.

La France stagne

Deuxième économie de la zone euro, la France a vu son PIB stagner au deuxième trimestre comme au premier. Le ministre des Finances Michel Sapin a été contraint de revoir à 0,5% la prévision de croissance officielle pour cette année et prévenu que le déficit public français dépasserait 4% du PIB cette année, au lieu des 3,8% espérés auparavant.

Il a également appelé à "adapter" les règles budgétaires et à renforcer l'action de la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre la morosité économique en Europe.

Enfin, l'Italie est retombée en récession au deuxième trimestre, avec un PIB se repliant de 0,2%. Le PIB italien avait déjà reculé de 0,1% au premier trimestre.

Spectre de la déflation

"Est-ce cela signifie que la croissance va accélérer au second semestre ? Ça aurait été notre scénario s'il n'y avait pas des tensions géopolitiques qui distillent une dose d'incertitude", estime Peter Vanden Houte de la banque ING. L'analyste table désormais sur une croissance en deçà de 1% pour la zone euro en 2014.

Eurostat a par ailleurs confirmé que l'inflation a ralenti à 0,4% en juillet en rythme annuel dans la zone euro, après avoir atteint 0,5% le mois précédent. Elle évolue ainsi à son plus bas niveau depuis octobre 2009.

Ce nouveau ralentissement ravive le spectre de la déflation. Face à cette menace, la BCE a baissé en juin de dix points de base son principal taux directeur, à 0,15%, et annoncé un paquet de mesures exceptionnelles destinées à encourager les banques à prêter davantage aux entreprises et ménages.

Mais elle doit faire encore plus, estiment de nombreux observateurs inquiets de voir l'économie de la zone euro en panne.

/ATS


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