La famille Peugeot sur le point de lâcher le volant de PSA

Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën ne sera plus une entreprise familiale: avec l'arrivée de l'Etat et du chinois Dongfeng au capital, la famille fondatrice va perdre le contrôle qu'elle exerçait depuis plus de 200 ans.

Le scénario validé mardi par le conseil de surveillance du constructeur automobile, dont le détail complet sera dévoilé mercredi matin en même temps que les résultats 2013 du groupe, prévoit une augmentation de capital d'au moins 3 milliards d'euros (près de 3,7 milliards de francs).

L'opération permettra aux pouvoirs publics et au constructeur chinois d'acquérir chacun 14% du groupe français, selon une source proche du dossier. La famille verra sa part, actuellement de 25,4%, elle aussi ramenée au même niveau.

Plus de 200 ans

Surtout, elle perdrait ses actions à droit de vote double, qui lui assurent aujourd'hui 38,1% des droits de vote et font d'elle l'actionnaire de référence.

Si les Peugeot ont déjà vu leur participation diminuer en fonction des vicissitudes de l'Histoire, ils avaient jusqu'à présent réussi à garder la mainmise sur l'entreprise, née en 1810 sous le nom de Peugeot Frères et qui s'est lancée en 1889 dans l'aventure naissante de l'automobile.

Elle ne dirige plus directement depuis le milieu des années 1960 le constructeur, devenu PSA Peugeot Citroën en 1976 après le rachat de la marque aux chevrons, mais elle y joue encore un rôle primordial. Le contrôle familial s'exerce aujourd'hui via le conseil de surveillance, présidé par Thierry Peugeot et qui compte quatre membres de la famille sur quinze.

Perte de la présidence

Mais Thierry Peugeot pourrait perdre son poste dès la fin mars, au moment où une assemblée générale extraordinaire doit être réunie pour valider l'augmentation de capital.

C'est lui qui s'est opposé avec le plus de virulence à une entrée de l'Etat et de Dongfeng, recommandant un recours au seul marché pour apporter l'argent frais indispensable à la survie du numéro un automobile français, en grave crise depuis deux ans, après avoir raté le virage de l'internationalisation.

Plus que la venue d'un investisseur étranger, c'est celle de l'Etat qui effraie une partie du clan.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus