Le rachat de WhatsApp par Facebook objet d'un recours

Des groupes de défense de la vie privée ont déposé un recours demandant aux autorités américaines de geler l'achat du service de messagerie WhatsApp par Facebook. Ils veulent ainsi éviter de mauvais usages des données personnelles des utilisateurs.

Dans ce recours administratif adressé à la commission fédérale du Commerce (FTC), le Centre pour la démocratie numérique et le Centre pour la protection des informations électroniques demandent un examen de l'opération. Ils réclament aussi d'éventuelles protections contre "des pratiques injustes et trompeuses de collecte de données" qui pourraient être mises en oeuvre par WhatsApp.

Facebook avait annoncé le mois dernier son intention d'acheter WhatsApp, qui compte environ 450 millions d'utilisateurs, pour 19 milliards de dollars. Contrairement à son futur propriétaire, le service est jusqu'ici sans publicité et ne collecte pas de données sur ses utilisateurs.

"WhatsApp a construit une base d'utilisateurs en se basant sur l'engagement à ne pas collecter des données sur eux à des fins publicitaires", souligne le recours auprès de la FTC. Or "Facebook utilise fréquemment des informations sur ses utilisateurs pour la publicité" et va faire basculer WhatsApp "vers un modèle d'activité basé sur le profilage des utilisateurs", déplorent-ils.

Pratique "trompeuse"

Ils font valoir que le projet de fusion va de fait à l'encontre des garanties que les utilisateurs de WhatsApp pensaient avoir quant à une absence de publicité, ce qui "constitue une pratique commerciale injuste et trompeuse". La plainte cite un message publié sur un blog en 2009 par le cofondateur de WhatsApp Jan Koum: le service ne va "jamais vendre vos informations personnelles à qui que ce soit".

Certains analystes estiment que pour payer un prix si élevé pour WhatsApp, Facebook doit compter sur de nouvelles fonctions permettant de gagner de l'argent. WhatsApp a tout juste commencé à vendre son service, mais seulement dans quelques pays comme les Etats-Unis, où il est gratuit la première année mais coûte ensuite un dollar par an.

/ATS


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