Le risque de déflation augmente, selon le président BNS

Le risque de déflation augmente, a averti lundi à Genève le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan. Une normalisation des politiques monétaires va prendre encore du temps, a-t-il affirmé.

Le président de la BNS a répété au Club suisse de la presse les prévisions de détérioration des perspectives économiques annoncées le 18 septembre à Zurich. L'institut prévoit une croissance de 1,5% en Suisse cette année, contre 2% en juin, avec une hausse des prix limitée à 0,1% cette année, 0,2% en 2015 et 0,5% en 2016.

Thomas Jordan a insisté sur le fait qu'en raison d'une croissance mondiale plus faible qu'escomptée, les risques de déflation se sont accrus. "L'évolution de l'économie mondiale est moins bonne qu'anticipée, le renchérissement très faible. Le risque de déflation augmente", a-t-il expliqué.

Taux d'intérêt négatifs

"On veut éviter la déflation. Nous sommes prêts à garantir les conditions monétaires adéquates pour la stabilité des prix à moyen terme. On n'exclut aucune mesure", a-t-il dit en mentionnant que "l'instrument des taux négatifs est dans l'arsenal" de la BNS.

"Une normalisation des politiques monétaires va prendre encore un certain temps. C'est difficile à prévoir combien de temps, deux ans, trois ans, cinq ans, mais finalement le système économique retrouve un équilibre", a indiqué le président de la BNS.

Il s'est déclaré convaincu que les politiques monétaires adoptées par l'Europe, les Etats-Unis et le Japon permettront d'éviter "une situation de vraie déflation", tout en évoquant le spectre de l'économie japonaise, qui a connu une inflation proche de zéro ou même négative pendant des années.

Situation dans la zone euro

Pour la Suisse, il est important que la situation économique s'améliore dans la zone euro, a souligné Thomas Jordan. Il a fait remarquer que la conjoncture en Suisse se rapproche davantage de celle de l'Europe que de celle des Etats-Unis, où les perspectives de croissance sont meilleures.

Le franc suisse bouge ainsi plutôt avec l'euro qu'avec le dollar, a-t-il dit. Il n'a pas caché que les politiques monétaires "ne peuvent pas tout faire", et que les gouvernements européens doivent régler des problèmes structurels, comme le marché du travail, la politique budgétaire, le manque de compétitivité.

Interrogé sur la situation du marché de l'immobilier en Suisse, le président de la BNS a affirmé que le volant anticyclique et l'auto-réglementation ont eu un "impact positif". "La dynamique est moins forte qu'il y a 12 mois", a-t-il relevé. "Il y a des signes positifs, mais c'est trop tôt pour dire que nous sommes déjà dans une bonne situation, les déséquilibres sont toujours là", a-t-il précisé.

/ATS


Actualisé le