Le vote anti-immigration aura un impact négatif sur l'économie

Le vote contre l'immigration de masse aura un effet négatif sur l'économie suisse. L'impact restera marginal à court terme, mais l'incertitude aidant, il croîtra au fil des mois en lien avec la mise en oeuvre du texte, selon des experts interrogés par l'ats. Les syndicats genevois prennent déjà le taureau par les cornes.

Pour le professeur d'économie genevois Yves Flückiger, directeur de l'Observatoire universitaire de l'emploi, les effets, notamment sur le marché de l'emploi, se feront sentir au cours de l'année 2014.

Le résultat de la votation va créer un "climat néfaste" aux relations économiques, en particulier pour l'établissement de contrats, estime-t-il. La nature de la réaction à venir de l'Union européenne sera importante au plus haut point.

Trop tôt pour le SECO

Du côté du secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), on se montre plus prudent. Il est encore trop tôt pour évaluer l'impact de l'initiative, note Boris Zürcher, chef de la Division du travail de l'entité de la Confédération. Notamment quant à savoir si des emplois pourraient à terme être délocalisés à l'étranger.

Les effets sur le marché du travail ne sont pas mesurables dans l'immédiat, a-t-il certifié à l'occasion de la publication par le SECO des chiffres du chômage en Suisse en janvier.

En ce qui concerne les prévisions conjoncturelles, l'acceptation du texte de l'UDC ne devrait pas impliquer une révision fondamentale des prévisions conjoncturelles, à court terme du moins là aussi. La banque UBS a ainsi confirmé lundi toujours s'attendre à une accélération de la croissance économique en 2014.

Plan d'urgence à Genève

Réagissant promptement, la communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) a présenté lundi son plan d'urgence pour renforcer la protection des travailleurs, suisses et étrangers, du canton.

Les mesures proposées visent d'abord à renforcer le contrôle du marché du travail, en particulier dans les secteurs où le risque de sous-enchère salarial est important. La CGAS appelle également à durcir les sanctions contre les entreprises prises en faute.

La CGAS insiste aussi sur l'extension des conventions collectives de travail et des contrats types de travail.

/ATS


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