Les éditeurs refusent le dialogue avec les syndicats

Lors de son congrès annuel à Interlaken (BE), Schweizer Medien, l'association des éditeurs alémaniques, a refusé jeudi les négociations avec l'organisation professionnelle des journalistes impressum. Un dialogue n'aura lieu que si la question des salaires est exclue.

Il faut un signal clair de la base des organisations professionnelles, a dit en soirée le président de l'association des éditeurs alémaniques, Hanspeter Lebrument.

Le refus par Schweizer Medien d'un accord sur les conditions de travail des journalistes en Suisse alémanique et au Tessin provoque l'ire des syndicats impressum et syndicom, comme ils l'ont fait savoir dans des communiqués. Impressum dit pourtant avoir fait d'importantes concessions aux éditeurs et être "choquée" par cette décision.

Le syndicat appelle désormais les commissions tripartites de la Confédération et des cantons à intervenir afin que la baisse des salaires et la détérioration des conditions de travail cessent.

Impressum a d'ailleurs déjà livré à la commission tripartite de la Confédération de nombreux exemples où les conditions minimales portant sur les horaires et la rémunération sont nettement inférieures aux usages de la branche, précise le communiqué.

En Suisse romande en revanche, "on négocie encore sur la CCT", a indiqué à l'ats le président d'impressum, Daniel Suter.

Décision "révoltante"

Syndicom a de son côté qualifié de "révoltante" la décision des éditeurs, même s'il n'était pas partie prenante dans les négociations. Le syndicat exige une "vraie convention collective de travail (CCT) pour toute la Suisse" et estime qu'il est grand temps que les journalistes alémaniques et tessinois s'engagent dans ce combat, comme l'ont fait leurs homologues romands en manifestant le 29 août.

Le comité des journalistes au sein de syndicom appelle les éditeurs à reprendre les discussions avec les partenaires sociaux. Syndicom souhaite s'engager de toutes ses forces avec impressum en faveur d'une CCT.

En matière de liberté de la presse, le département journalisme de l'association des éditeurs a pris connaissance avec satisfaction de la décision du Tribunal cantonal neuchâtelois concernant les perquisitions effectuées à l'encontre du journaliste du "Matin" Ludovic Rocchi. Le tribunal a jugé mercredi que ces perquisitions effectuées dans le cadre de l'affaire de l'Université de Neuchâtel étaient illégales.

Le domicile conjugal de Ludovic Rocchi avait été l'objet d'une perquisition le 13 août à la suite d'une plainte pour diffamation, calomnie et violation du secret de fonction déposée par le directeur de l’institut de l’entreprise de la faculté des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel. En cause, des articles de M. Rocchi accusaient ce professeur de plagiat.

L'environnement économique dans lequel évoluent les éditeurs suisses a également été abordé lors du congrès annuel de Schweizer Medien. Le président de l'association Hanspeter Lebrument a relevé que le marché de la publicité et le lectorat se sont renforcés ces derniers mois. La branche doit néanmoins prendre en compte la détérioration structurelle du secteur, a-t-il mis en garde.

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