Les supports mobiles font de l'ombre aux kiosques

Lire la presse se fait de plus en plus de manière numérique, au détriment des kiosques. Leurs ventes de journaux ont baissé de 9% à 478 millions de francs en 2012, par rapport à 2011. Une "révolution" que la branche des médias est appelée à saisir comme une chance.

Pour la première fois l'an dernier, davantage de tablettes et de smartphones ont été vendus que d'ordinateurs en Suisse. Au total, 4 milliards de francs ont été dépensés dans ce secteur (+0,7%), selon l'étude "Budget médias" présentée mardi par l'association des éditeurs alémaniques Schweizer Medien.

La tablette est même devenue le "gadget préféré des Suisses", a affirmé la responsable de projet Thérèse Ruedin, devant les médias à Zurich. Les dépenses leur étant consacrées ont explosé, passant de 296 millions en 2011 à 460 millions l'année d'après. Cela représente une hausse de 55,4%.

Les abonnements maintiennent leur niveau

La presse abonnée a pour sa part tout juste pu se maintenir avec un chiffre d'affaires de 1,1 milliard. Au total, la presse écrite a réalisé un chiffre d'affaires de 1,6 milliard, en baisse de 3,5%.

Les ménages ont consacré en moyenne un budget de 3093 francs aux médias et divertissements. La part dédiée aux abonnements de journaux, à la télévision et aux livres est restée stable par rapport à l'année précédente. Celle déboursée pour le cinéma et la radio a connu une légère hausse.

Moins de publicité

Tous secteurs confondus, 14 milliards de francs ont été investis dans les médias en Suisse. Les consommateurs privés ont dépensé 11,1 milliards de francs, soit un recul de 1,9%. Les annonceurs publicitaires ont eux nettement moins déboursé: avec 2,9 milliards, le recul est de 7,5%.

Selon un sondage de Schweizer Medien, pour la première fois plus de la moitié (51%) des responsables de médias helvétiques reconnaissent que le journalisme professionnel ne peut plus être financé uniquement par les ventes et la publicité.

Trop d'économies sont dangereuses

La recherche de nouveaux modèles d'affaires et sources de revenus figure tout en haut des priorités des managers, a affirmé Fredy Greuter, directeur de l'Institut des médias de Schweizer Medien. Il appelle toutefois à ne pas céder au réflexe des mesures d'économies qui sur le long terme pourraient mettre les médias sur une pente descendante.

La numérisation est aussi une chance, selon M. Greuter. Elle permet de développer de nouveaux produits et d'offrir de nouveaux services. Par ailleurs, avec des coûts moins élevés, les modèles convergents permettent des marges plus intéressantes.

/SERVICE


Actualisé le