Moody's maintient la note Aa1 pour la France

L'agence Moody's a décidé de ne rien changer à sa notation de la France, tout en s'affichant sceptique quant au succès des réformes annoncées par François Hollande. La note sur la qualité de la dette à long terme française reste donc fixée à Aa1, le deuxième meilleur grade dans l'échelle de l'agence américaine.

Elle est toujours assortie d'une perspective "négative". Cela signifie que Moody's n'exclut pas de l'abaisser à moyen terme. La France est notée AA par Standard and Poor's, deux crans en dessous du triple A tant convoité de la plus connue des agences, et AA+ par Fitch.

"Je ne peux que me réjouir" de l'annonce de Moody's, a déclaré le ministre de l'Economie Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse). "La France continue de bénéficier d'une note très élevée" auprès des agences de notation, a-t-il ajouté.

"Persistance de rigidités"

Dans un communiqué très attendu, puisqu'il s'agit du premier verdict d'une grande agence de notation depuis l'annonce par le chef de l'Etat de nouvelles réformes, Moody's écrit: "Bien que le gouvernement ait introduit ou annoncé un certain nombre de mesures" économiques, "la réalisation et l'efficacité de ces initiatives se heurte à la persistance de rigidités" notamment sur le marché du travail, et à des "tensions politiques et sociales".

"Nous prenons acte" des annonces mais "il nous manque un grand nombre de détails" sur ces mesures, a indiqué à l'AFP le responsable de cette notation chez Moody's, Dietmar Hornung. Il a rappelé la nécessité pour le gouvernement de "chercher un large consensus".

D'où le risque selon Moody's de voir les réformes "ralenties ou diluées". "De plus, la marge de manoeuvre budgétaire de la France est limitée ce qui, en plus des défis politiques mentionnés ci-dessus, présente un risque persistant de rater les objectifs" de discipline budgétaire, a souligné l'agence.

Le chef de l'Etat a en particulier promis des allègements de charges de 30 milliards d'euros à destination des entreprises dans le cadre d'un "Pacte de responsabilité" qu'il espère voir déboucher sur des embauches. Il s'est également engagé à réduire de 50 milliards d'euros d'ici 2017 la dépense publique.

/ATS


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