Novartis lié à une affaire de manipulations de données au Japon

Après celle de Kyoto, une deuxième université japonaise a indiqué soupçonner des manipulations de données concernant un traitement contre l'hypertension proposé par Novartis. Le géant pharmaceutique bâlois nie en bloc.

L'Ecole de médecine de l'université Jikei a dit avoir constaté que des résultats cliniques concernant le traitement Diovan (ou Valsartan) de Novartis avait été faussés pour affirmer que cette molécule était non seulement efficace contre l'hypertension artérielle mais aussi contre les angines de poitrine et attaques cérébrales.

Le professeur invité qui a mené des recherches sur les effets du Diovan à l'Université Jikei, Seibu Mochizuki, a proposé de revenir sur son article paru dans la revue médicale "The Lancet" en 2007, à cause de sérieux doutes quant à la crédibilité des données qu'il a utilisées.

Un ex-salarié de Novartis qui a participé à ces travaux aurait tronqué et/ou maquillé les statistiques. Les résultats de l'enquête interne de l'Université Jikei interviennent après un cas similaire dénoncé récemment à l'Université de Kyoto, où le même ex-salarié a oeuvré.

Tierce partie

Indirectement mise en cause, Novartis Pharma (filiale japonaise de Novartis) a indiqué que des investigations confiées à une tierce partie n'avaient apporté aucune preuve que l'ancien employé concerné ait manipulé ou modifié les données.

Novartis avait déjà réfuté des accusations de manipulations de l'Université de médecine de Kyoto. Cette dernière avait jugé mi-juillet qu'une étude basée sur les résultats d'essais cliniques sur 3000 patients du traitement Diovan (aussi appelé Valsartan) apportait des conclusions erronées, parce qu'elle était fondée sur des résultats inexacts ou incomplets.

Cette étude indiquait que ce médicament contre l'hypertension artérielle pouvait réduire les accidents vasculaires cérébraux et cardiaques. Or, selon l'université, l'étude en question, conduite en son sein par l'équipe du professeur Hiroaki Matsubara - qui a quitté depuis l'université - est assurément basée sur des données inexactes.

Si le Valsartan est efficace dans le contrôle de l'hypertension artérielle, il ne l'est pas nécessairement contre les angines de poitrine et attaques cérébrales, contrairement aux assertions des études, selon l'enquête conduite par l'université de Kyoto.

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