Suisse: Google a reçu plus de 1600 demandes de suppression de liens

Des centaines de Suisses désirent effacer des liens les concernant sur Google. Le moteur de recherche sur Internet a reçu depuis la fin mai 1645 demandes de suppression. Elles visent 7085 adresses.

Le géant américain est en train d'organiser le traitement des requêtes. Celui-ci devra s'effectuer au cas par cas et peut en principe débuter dès maintenant. Pour ce faire, "nous allons certainement embaucher des experts connaisseurs du droit suisse", déclare mardi à l'ats Samuel Leiser, porte-parole de Google Suisse.

Ces demandes font suite à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne, qui s'applique aussi en Suisse. En mai, les juges avaient estimé que les particuliers disposaient d'un droit à l'oubli sur Internet. Avec pour corollaire la possibilité de faire supprimer les liens vers des pages comportant des informations personnelles périmées ou inexactes.

Les moteurs de recherche ne peuvent pas invoquer la valeur journalistique d’un contenu pour refuser une demande de suppression, affirme Google. Cela signifie qu'un média "peut publier sur son site un article que nous ne serions pas en droit d’inclure dans les résultats de recherche", souligne dans une tribune David Drummond, directeur juridique de la société.

Droit à l'information du public

Une grande question pèse donc sur le processus: faire la distinction entre, d'une part, le droit à l'oubli d'une personne et la protection de sa sphère privée, et, d'autre part, le droit à l'information du public. Ceci afin de déterminer les liens à effacer et ceux à conserver, selon la situation spécifique de chaque pays.

A cette fin, Google n'a pour l'heure pas constitué de groupe de travail par pays. "Mais des équipes de spécialistes pourraient se charger d'une région ou d'un groupe d'Etats", avance Samuel Leiser.

Car le choix est délicat. De nombreuses demandes de suppression émanent d'anciens dirigeants politiques souhaitant faire retirer des articles qui critiquent leur gestion lorsqu’ils étaient en poste. D'autres proviennent d'hôteliers, mécontents de certaines critiques à leur encontre, illustre David Drummond.

Au niveau européen, Google a reçu depuis mai plus de 70'000 demandes de retrait. Ce qui représente quelque 250'000 pages sur la toile.

/ATS


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