Nemanja Calasan : « Mon caractère est plus fort que mon corps »

En proie à une inflammation tenace du tendon d’Achille, le capitaine du BC Boncourt se confie ...
Nemanja Calasan : « Mon caractère est plus fort que mon corps »

En proie à une inflammation tenace du tendon d’Achille, le capitaine du BC Boncourt se confie sur les raisons de prendre sa retraite à 37 ans et revient sur sa carrière

Nemanja Calasan passera désormais plus de temps sur le banc, comme entraîneur en chef de la formation du BC Boncourt. (Photo : Stéphane Bée) Nemanja Calasan passera désormais plus de temps sur le banc, comme entraîneur en chef de la formation du BC Boncourt. (Photo : Stéphane Bée)

La décision a sans doute nécessité une longue réflexion. C’est pourtant un Nemanja Calasan très souriant, décontracté et très serein quant à son choix de se retirer des parquets de Swiss Basketball League qui nous a accueilli mercredi soir à Porrentruy pour revenir sur sa longue carrière. Dans un gymnase, juste avant de dispenser un entraînement aux U18 et de démarrer sa nouvelle carrière d’entraîneur-formateur, le désormais ex-capitaine du BC Boncourt se confie.


Nemanja, après avoir prolongé au printemps dernier avec Boncourt, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision de raccrocher ?

Le basket, c’était beaucoup de plaisir pour moi mais finalement la décision a été facile. La saison passée, j’ai joué presque cinq mois avec une grosse inflammation au tendon d’Achille, et là je n’arrive pas à récupérer. Dès que je fais une activité intense, il enfle, ce ne sont pas de bonnes sensations. Je pense que le nouveau coach Etienne Faye n’a pas besoin d’un joueur blessé. Je ne veux pas commencer la saison et ensuite réaliser que je n’arrive pas à tenir aux entraînements ou pour arrêter en cours d’année. C’est la meilleure décision pour le club. Il faut croire que mon caractère est plus fort que mon corps. A 37 ans, c’est peut-être le corps qui n’y arrive plus. C’est comme ça, c’est la vie.

« Ce qui reste, c’est ma famille »

Quand vous regardez toute votre carrière, qu’est-ce qui reste gravé ?

Beaucoup de choses ! Beaucoup d’expériences, de matches et de finales, des coéquipiers, des coaches, des amis… Mais ce qui reste surtout, c’est ma famille. Le souvenir de ma femme qui venait à presque chaque match. De mon fils Marvin qui, chaque fois que je marque un panier, dit « c’est mon papa, c’est mon papa ». C’est ce qui restera le plus. J’ai aussi rencontré beaucoup de coéquipiers, d’entraîneurs de supporters. Dans chaque ville et chaque pays traversé je connais quelqu’un grâce au basket. Toutes ces relations, ces amis, c’est ça qui reste.


Vous êtes passé par la Grèce, la Roumanie, le Monténégro, la France, la Suisse... Quelle place tient Boncourt au milieu de tout ça ?

Boncourt c’est la première place dans mon cœur ! N’oubliez pas les Etats-Unis où j’ai aussi joué quatre ans comme étudiant en championnat universitaire. Mais Boncourt pour moi, c’est la meilleure place. Je dis d’ailleurs à tout le monde que c’est le plus beau village du monde, et pourtant j’en ai visité ! Pour l’ambiance, la population. C’est aussi ici que j’ai rencontré ma femme. C’est une grande partie de mon cœur.


Il y a presque un an, vous appreniez votre première sélection en équipe de Suisse. Prendre sa retraite juste après, c’est particulier ! Mais j’imagine que c’était important pour vous de vivre cela avant ?

Oui très important parce que j’avais beaucoup de rêves et de buts, dont celui d’accrocher la sélection nationale. Défendre son pays, c’est extraordinaire, je suis trop fier pour ça ! C’est incroyable car l’été précédent, lorsque je suis naturalisé, je ne suis pas sûr à 36 ans d’être encore dans le temps pour jouer en sélection. Et un jour je suis en train de jouer au parc avec mon fils, mon téléphone sonne. Un numéro inconnu, grec. Je décroche et c’est le sélectionneur Ilias Papatheodorou qui me demande si je veux bien jouer pour la sélection nationale ! Je dis : « bien sûr coach c’est un rêve ». J’ai ensuite appelé ma femme, puis coach Vlad (NDLR Vladimir Ruzicic) pour lui dire qu’il a maintenant un nouvel international suisse dans son équipe. Il me dit : « Quoi ? Pour la coacher ou être assistant ? ». J’ai répondu : « Non pour jouer ! » C’est un magnifique souvenir.

« Construire un joueur, c'est une chose magnifique »

Votre avenir maintenant, vous entraîniez déjà les jeunes les années précédentes. Vous aimez ça, vous avez envie de mener une carrière d’entraîneur à l’avenir ?

Dans chaque club où j’ai joué en Suisse, j’ai coaché les jeunes. Je voulais continuer car c’est un grand plaisir de travailler avec la jeunesse parce que j’estime que c’est important de transmettre mon expérience et mes connaissances. Je pense que la jeunesse a désormais davantage besoin de moi que l’équipe professionnelle du BCB ! La question n’est pas ce que je prends, mais qu’est-ce que je donne. C’est ma philosophie pour la vie. Moi je ne suis plus très important maintenant. Mais les jeunes le sont.


Et entraîner en Swiss Basketball League plus tard, vous y pensez ?

Peut-être, pourquoi pas ! Mais maintenant, je suis bien où je suis. La manière dont vous construisez un joueur, c’est aussi une chose magnifique. Parce que ce qu’il apprend, ça lui reste durant toute sa carrière. Mais après pour la SBL, oui pourquoi pas…


Propos recueillis par Jérémie Pignard.


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