Au fond du salon, la télévision est allumée depuis le premier kilomètre de la 18e étape. Et c’est comme ça tous les jours sur les hauteurs de Fontenais, dans la maison familiale de la famille Voisard. La maman et le papa de Yannis Voisard, Christine et Gabriel, ne ratent pas une miette des exploits du fiston qui brille sur les routes du Tour de France cycliste. Ce jeudi, au moment de s’élancer sur la 18e étape, l’Ajoulot pointe au 10e rang du classement général. Ses parents sont allés suivre quelques étapes sur place et ont rendu visite à leur fils lors d’une journée de repos. À présent, ils vivent la dernière ligne droite de la Grande Boucle à domicile. Mais la passion est intacte !
Attentive et concentrée, Christine ne lâche pas la télévision du regard, sauf pour jeter un œil à sa tablette sur laquelle elle suit l’évolution de la course. La maman de Yannis avoue qu’elle est tendue en regardant ces étapes disputées et rapides. Le papa Gabriel semble plus serein : « Je n’ai pas énormément d’appréhension, même s’il y a une descente très, très rapide. Je pense que la majorité de ces coureurs sont très, très habiles. Yannis fait partie des très bons descendeurs du peloton », note-t-il.
Une famille plutôt réservée
Gabriel l’avoue sans détour, la famille Voisard est calme et réservée. Lui et son épouse ont toutefois accepté de parler à certains médias alors que l’engouement autour de Yannis va en grandissant au regard de ses performances. Derrière son écran de TV, Gabriel est plutôt tranquille mais peut aussi s’exciter quand les derniers kilomètres approchent et que l’enjeu grandit : « Quand il ne reste plus que quatre ou cinq kilomètres jusqu’à l’arrivée et que Yannis est encore avec les cadors mais plutôt à l’arrière du groupe, j’ai tendance un peu à l’encourager, à lui dire « aller Yannis, vas-y, croche ! ». Mais je sais qu’il va tout donner pour essayer de rester. Souvent, il va décrocher à quelques kilomètres de l’arrivée pour finir et lisser son effort jusqu’en haut », analyse le papa. Après avoir vu Yannis ces derniers jours, Gabriel indique que son fils est dans « un état de fatigue très, très avancé ». Il ajoute qu’il est très difficile de se rendre compte de ce que les coureurs endurent physiquement et mentalement dans une telle épreuve de trois semaines. Gabriel Voisard souligne toutefois que son fils dispose de grandes ressources qu’il a déjà montrées par le passé. Quelle que soit l’issue de ce Tour de France, la fierté du papa et immense et celui-ci relativise : « Même s’il recule de dix ou vingt places, cela resterait un magnifique Tour de France pour lui », affirme-t-il, en ajoutant que le coureur de l’équipe Tudor est « très intelligent » et que ses principaux points forts sont « le mental et sa manière de lire la course ».
Gabriel Voisard vit la course
Du petit vélo à la plus grande course du monde
« Lorsqu’il avait deux ou trois ans, il voulait un petit vélo. Je le lui ai acheté sous conditions. Autour de chez nous, on a de petites côtes. Je n’ai jamais vu un garçon pédaler aussi facilement pour monter cette côte », se souvient, ému, le papa. A 10-12 ans, Yannis Voisard accompagnait son papa lors de sorties à vélo. Le jeune sportif éprouvait du plaisir. A 15 ans, il dut faire un choix entre le football et le deux-roues. Sous l’impulsion de membres du GS Ajoie, Yannis Voisard choisit de prendre sa licence et de se lancer dans le cyclisme. Bien lui en a pris, même si son parcours n’était pas tout tracé : « Il y a peu de gens qui croyaient aux chances de Yannis quand il avait 15, 16 ou 18 ans. Nous, on a toujours voulu que nos enfants aillent au bout de leurs rêves. (…) La réponse, elle est là aujourd’hui », conclut Gabriel Voisard. /mle









