Elle est l’une des rares cyclistes jurassiennes sur route et la seule à s’être alignée aux Championnats de Suisse élite à Courtételle en juin dernier. Une trajectoire aussi singulière que fulgurante pour celle qui a découvert le vélo il y a seulement quatre ans !
« J’ai eu la chance de pouvoir m’aligner avec les meilleures coureuses du pays. Vous auriez dit ça à la Sarah d’il y a quatre ans, tu vas t’aligner avec Marlen Reusser, Steffi Häberlin… » Trois mois après, Sarah André en a encore des frissons. Fin juin, la cycliste de Bressaucourt, trentenaire et méconnue du grand public, s’inscrit au culot aux Championnats de Suisse élite à Courtételle, un sommet dans sa saison. Alors que la « Sarah d’il y a quatre ans » découvrait à peine le vélo, sur le tard à 26 ans. « J’ai eu la chance d’essayer le vélo de route avec Lise-Marie Henzelin. Je suis montée sur ce vélo et je me suis dit : j’aurais dû faire ça tout le temps ! »
Sarah André : « Je suis montée sur ce vélo et je me suis dit : j’aurais dû faire ça tout le temps ! »
Pour cette fille d’agriculteurs de Beurnevésin qui s’était mise à la course à pied, c’est une révélation, un coup de foudre. L’Ajoulote rachète la machine de l’ex-championne Lise-Marie Henzelin et devient une mordue de vélo. Si bien que pour certains habitants de la région, avec son maillot rose et noir du VC Morteau-Montbenoît et sa couette blonde qui sort de son casque blanc, Sarah André devient « la fille qu’on voit toujours sur son vélo ». « Cette première sortie, je ne peux pas l’expliquer. Depuis ce jour-là, chaque fois que je monte sur mon vélo c’est un plaisir de fou ! », pétille la Jurassienne. Son plaisir passe rapidement par « aller plus vite » sous l’impulsion de son coach Blaise Vallat, le mari de Lise-Marie Henzelin. Elle s’inscrit pour la première fois en 2023 à deux manches du Trophée du Doubs qu’elle remportera en 2025 et 2026.
Sous 38 degrés, elle refuse d'abandonner
« Très vite, j’ai voulu passer de la balade à la performance, aller à fond, ne pas réfléchir sur ce vélo », se souvient Sarah André qui se forge un mental de fonceuse. De battante. Comme aux Championnats de Suisse cette année où elle termine, sous une fournaise à plus de 38 degrés, 20e sur 36 partantes. Oui, hors délai, mais alors que 11 filles abandonnent, la Jurassienne s’accroche. « Ma tête disait : Sarah, faut arrêter ce carnage. Mais quelque chose en moi m’a dit d’aller au bout. Pour mes ravitailleurs, ceux venus m’encourager. Il y a eu des entraînements plus durs que ça, tu l’as choisi, tu vas au bout ! », se galvanise alors l’Ajoulote sur sa selle avant d’avoir droit aux honneurs du podium en tant que « meilleure Jurassienne ».
« Dans le cyclisme, je suis vieille ! Mais je veux vivre le truc à fond »
Elle intègre aussi, cette année, l’équipe de Nationale 1 du VC Morteau-Montbenoît, le plus haut niveau amateur en France. « C’est une saison révélatrice pour moi, un tournant. J’ai eu la chance d’être prise comme réserviste dans l’équipe, de faire des courses régionales avec des filles d’un niveau national. C’est bien parti pour que je rejoigne l’équipe la saison prochaine, malgré mon âge parce que dans le cyclisme je suis vieille ! » ose l’employée de banque de profession. Consciente à 31 ans que son « prime » passera vite. « Mais je veux vivre le truc à fond. J’essaye de rattraper le temps perdu en apprenant les tactiques de course, le positionnement dans le peloton, des choses que je n’ai pas du tout en comparaison à des filles qui font du vélo depuis toutes petites. »
Une blessure qui confirme son appétit
Si sa saison s’est achevée prématurément en août en raison d’une fracture au pied, Sarah André espère bien revenir plus forte l’année prochaine. « J’ai vu que je ne pouvais pas rester tranquille pendant des semaines. J’ai eu le temps de me recentrer et me demander si c’est ça que je veux, aller à fond ? Oui je veux aller à fond ! » Comme depuis qu’elle est sur un vélo. /jpi










