Le président français, Emmanuel Macron, a jugé mardi que 'rien ne saurait justifier' les 'souffrances' des civils à Gaza, aux côtés du président palestinien Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée, après une visite de solidarité en Israël.
'Une vie palestinienne vaut une vie française qui vaut une vie israélienne', a déclaré M. Macron aux côtés du président de l'Autorité palestinienne, qui lui a demandé d'oeuvrer à une cessation de l''agression' d'Israël à Gaza.
M. Macron est le premier dirigeant occidental à se rendre au siège de l'Autorité palestinienne depuis le début de la guerre le 7 octobre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien du Hamas. Il est arrivé mardi soir à Amman en Jordanie, deuxième étape de cette tournée régionale.
L'Autorité palestinienne n'exerce plus aucun pouvoir dans la bande de Gaza depuis que le Hamas l'en a chassée en 2007.
Comme en Israël un peu plus tôt, le président français a proposé au président palestinien que la coalition internationale créée en 2014 sous la houlette des Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak, à laquelle participe la France, 'puisse aussi lutter contre le Hamas'. Cette proposition s'annonce néanmoins extrêmement complexe à mettre en place, selon plusieurs experts.
A Jérusalem au côté du président israélien, Isaac Herzog, M. Macron a affirmé que 'le premier objectif que nous devrions avoir aujourd'hui est la libération de tous les otages, sans aucune distinction'.
Après la libération de deux otages américaines trois jours plus tôt, le Hamas a relâché lundi soir deux Israéliennes. L'une d'elle, Yocheved Lifschitz, âgée de 85 ans, a raconté mardi devant la presse à Tel-Aviv avoir 'traversé l'enfer' lors de son enlèvement par des hommes à moto dans le kibboutz Nir Oz.
Réseau de tunnels
Elle a ajouté qu'elle avait été 'battue' puis emmenée dans 'un réseau de tunnels souterrains', mais qu'elle avait ensuite été 'bien traitée' pendant sa captivité de plus de deux semaines dans la bande de Gaza.
Le Qatar, impliqué dans les efforts visant à libérer les quelque 220 otages pris par le Hamas lors de son attaque contre Israël, a dit mardi avoir 'bon espoir' de parvenir à d'autres libérations.
Des centaines de combattants du Hamas avaient infiltré Israël depuis Gaza, semant la terreur lors de cette attaque, d'une violence et d'une ampleur sans précédent depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Israël, qui pilonne sans relâche la bande de Gaza en riposte à cette attaque, a intensifié ces derniers jours ses bombardements en prélude à une probable offensive terrestre.
'Nous sommes avant la prochaine étape, elle est en route (...) nous avons une seule mission, écraser le Hamas', a réaffirmé mardi le Premier ministre israélien devant ses troupes.
Après seize jours de mise en place et d'effervescence, celles-ci rongent leur frein. A la lisière de la bande de Gaza, un terrain sableux au milieu des champs s'est transformé en parking pour environ 500 véhicules blindés et tanks Merkava de l'armée de terre israélienne, stationnés en une quinzaine de colonnes d'une dizaine de véhicules chacun, a observé mardi l'AFP.
'Cessez-le-feu humanitaire'
Dans la bande de Gaza, assiégée et privée de tout, la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a averti mardi qu'elle serait contrainte de cesser ses opérations dans la bande de Gaza mercredi soir faute de carburant.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé mardi à un 'cessez-le-feu humanitaire immédiat' et condamné les 'violations claires du droit humanitaire' dans la bande de Gaza, s'attirant les critiques du ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen. 'Monsieur le secrétaire général, dans quel monde vivez-vous', a lancé ce dernier lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au conflit.
Les Etats-Unis ont réitéré mardi qu'un cessez-le-feu ne 'bénéficierait qu'au Hamas', suggérant plutôt des 'pauses' pour acheminer l'aide humanitaire, encore trop lente à arriver selon le président américain Joe Biden.
L'aide internationale a commencé à arriver au compte-gouttes depuis l'Egypte via le poste-frontière de Rafah, le seul point de passage vers Gaza qui ne soit pas sous contrôle israélien, avec une cinquantaine de camions depuis samedi, quand l'ONU en réclame 100 par jour.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, les bombardements ont fait 140 morts dans la nuit de lundi à mardi dans le territoire palestinien, le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre.
Mardi soir, il a annoncé que 50 personnes avaient été tuées en une heure dans 'plusieurs secteurs' de la bande de Gaza.
Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a adressé mardi une mise en garde à l'Iran, déclarant que les Etats-Unis agiraient de manière 'décisive' à toute attaque, après avoir renforcé leur dispositif militaire dans la région.
/ATS









