Le gouvernement colombien espère régler le conflit avec la dernière guérilla

La Colombie doit commencer mardi à négocier la paix avec l'ELN, la dernière de ses guérillas ...
Le gouvernement colombien espère régler le conflit avec la dernière guérilla

Le gouvernement colombien espère régler le conflit avec la dernière guérilla

Photo: Keystone

La Colombie doit commencer mardi à négocier la paix avec l'ELN, la dernière de ses guérillas en lutte armée. Les autorités de Bogota espèrent clore le plus ancien et le plus long conflit de l'hémisphère occidental, qui a fait quelque 300'000 morts et disparus.

Après l'accord avec la rébellion marxiste des Farc, la Colombie aborde avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) l'ultime étape de sa pacification.

'La phase publique des négociations entre le gouvernement colombien et l'ELN (...) débutera mardi à Quito, ce qui nous permettra d'atteindre une paix complète', s'est réjoui le président Juan Manuel Santos, en confirmant ces discussions destinées à mettre fin à 52 ans de confrontation armée.

Les pourparlers doivent démarrer en Equateur, pays voisin et l'un des six garants du processus. La cérémonie officielle est programmée à 17h00 (23 heures suisses). Les discussions en tant que telles débuteront mercredi pour une session prévue sur 45 jours.

Otages et détenus libérés

Trois ans de tractations secrètes ont précédé ces négociations avec l'ELN, une guérilla inspirée de la révolution cubaine et qui, selon le gouvernement, compte encore quelque 1500 combattants.

M. Santos, dont la détermination à mettre fin à la guerre a été saluée par le prix Nobel de la Paix 2016, avait toutefois posé en préalable la libération d'un otage de l'ELN, l'ex-député Odin Sanchez, séquestré depuis avril dernier. La guérilla avait exigé pour sa part la grâce de quatre rebelles emprisonnés.

Prévues d'abord en octobre, les négociations avaient été annulées, ces conditions n'étant pas remplies. Mais jeudi, l'ELN, dont le nombre d'otages n'est pas connu, a relâché l'ex-député. Le gouvernement a gracié pour sa part les guérilleros réclamés.

Puis lundi, la rébellion a libéré un nouvel otage qu'elle détenait depuis une dizaine de jours, un militaire de carrière, Fredy Moreno Mahecha. Ce geste a été qualifié de 'bonne chose' par le chef négociateur du gouvernement, Juan Camilo Restrepo.

Processus difficile

Depuis les années 60, le conflit armé a impliqué une trentaine de guérillas d'extrême-gauche, des milices paramilitaires d'extrême droite et les forces de l'ordre. Les combats ont fait au moins 260'000 morts, plus de 60'000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

M. Santos entend négocier un accord similaire à celui signé en novembre avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), issues comme l'ELN d'une insurrection paysanne en 1964 et dont les quelque 6200 guérilleros doivent désormais déposer les armes.

Mais 'c'est un processus qui s'annonce difficile', 'différent de celui avec les Farc' qui a duré quatre ans. 'L'ELN (...) veut des modifications beaucoup plus profondes de la société', a précisé à l'AFP le politologue Frédéric Massé, de l'université El Externado de Bogota.

Selon les observateurs, l'accord final a peu de chances d'être signé avant l'élection présidentielle de 2018, et donc le départ du pouvoir de M. Santos.

/ATS
 

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