Charlottesville: le ministre de la justice monte au front

Le ministre américain de la Justice a fait le tour des chaînes d'informations lundi pour tenter ...
Charlottesville: le ministre de la justice monte au front

Charlottesville: le ministre de la justice monte au front

Photo: Keystone

Le ministre américain de la Justice a fait le tour des chaînes d'informations lundi pour tenter d'apaiser la polémique sur le silence de Donald Trump après l'attaque de Charlottesville. Il a assuré que le président est 'très ferme' face à la violence d'extrême-droite.

Jeff Sessions a affirmé que les convictions de M. Trump étaient bien celles du porte-parole de la Maison Blanche qui a condamné dimanche 'toutes les formes de violence, de sectarisme et de haine, (y compris) les suprémacistes blancs, le Ku Klux Klan, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes'.

A la question de savoir pourquoi M. Trump n'avait pas dit ces mots lui-même, M. Sessions a répondu sur NBC: 'Le président l'a fait hier. Son porte-parole l'a dit'.

'Il est très ferme'

Poussé davantage dans ses retranchements, le ministre a ajouté: M. Trump 'va parler publiquement aujourd'hui. Je ne sais pas ce qu'il va dire, mais selon mon sentiment il est très ferme sur la question depuis le début'. Quittant son lieu de vacances lundi, M. Trump est arrivé à Washington en fin de matinée et doit repartir dans la soirée pour New York.

Cette polémique est née de la première déclaration de Donald Trump samedi. Le président a condamné les violences qui ont endeuillé Charlottesville, mais a renvoyé les deux camps dos à dos en pointant une responsabilité 'venant de diverses parties'.

Le chef de la Maison blanche s'est retrouvé accusé de complaisance à l'égard des mouvements d'extrême droite qui l'ont en bonne partie soutenu durant sa campagne présidentielle en 2016.

Venant d'un dirigeant que l'on sait prompt à réagir sur Twitter et qui se targue d'appeler un chat un chat, cette réticence apparente à dénoncer nommément les groupuscules xénophobes qui se sont rassemblés samedi à Charlottesville, dans l'Etat de Virginie, suscitait un malaise durable.

'Terrorisme intérieur'

Une femme de 32 ans a été tuée dans cette ville de Virginie, quand un sympathisant néo-nazi a intentionnellement percuté avec son véhicule des contre-manifestants qui marchaient dans une rue. Le drame a également fait 19 blessés, venus s'ajouter aux victimes des échauffourées l'ayant précédé.

M. Trump, qui à de multiples reprises a reproché à son prédécesseur Barack Obama son laxisme présumé contre le 'terrorisme' et son refus de prononcer les mots 'islam radical', fait face à des demandes émanant des démocrates comme des républicains de parler ici de 'terrorisme intérieur'.

Là encore, Jeff Sessions a compensé les silences présidentiels. L'attentat 'répond aux critères de terrorisme intérieur selon le droit', a-t-il assuré lundi sur la télévision ABC.

'Pas de tolérance pour la haine'

Dimanche, le vice-président Mike Pence avait déjà assuré que les Etats-Unis n'ont 'pas de tolérance pour la haine et la violence des suprémacistes blancs, des néonazis ou du KKK'.

'Ces dangereux groupes marginaux n'ont pas de place dans la vie publique américaine, et nous les condamnons dans les termes les plus fermes', avait-il ajouté, en réponse à une question lors d'une conférence de presse à Carthagène (Colombie).

Maintenu en détention

L'auteur de l'attaque a été maintenu en détention lundi. Le jeune homme âgé de vingt ans, poursuivi pour meurtre, blessure volontaire et délit de fuite, comparaissait devant un juge qui a refusé de le remettre en liberté sous caution.

La police de Virginie n'a fait aucun commentaire sur sa personnalité ou ses éventuelles déclarations en garde à vue. Mais un professeur d'histoire qui l'a eu en cours au lycée a dit se souvenir d'un élève aux 'opinions très radicales sur les races'. 'Il avait une admiration pour les nazis, pour Adolf Hitler', a dit Derek Weimer à la chaîne de télévision locale de Cincinnati WCPO-TV.

Le professeur a également indiqué que le jeune homme avait voulu s'engager dans l'armée après la fin de ses études. Dans un communiqué, l'état-major a confirmé qu'il avait participé en août 2015 à une formation militaire de base mais qu'il avait été libéré du service actif en décembre 2015 après avoir échoué lors de tests.

/ATS