Travail détaché: Macron n'obtient pas de blanc-seing en Roumanie

Le président roumain a estimé jeudi que la directive européenne sur le travail détaché devait ...
Travail détaché: Macron n'obtient pas de blanc-seing en Roumanie

Le président roumain a estimé jeudi que la directive européenne sur le travail détaché devait être améliorée. Il n'a toutefois pas exprimé d'accord clair avec Emmanuel Macron sur la nécessité de le faire d'ici janvier et selon les termes du président français.

Lors d'une conférence de presse avec Klaus Iohannis, à Bucarest, M. Macron s'est dit persuadé qu'un accord serait trouvé avant la fin de l'année. Le président français, en tournée dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, a ajouté qu'il soutiendrait l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen, une fois que les règles de cet espace auront été rénovées.

'Je suis persuadé que nous trouverons un accord d’ici la fin de l’année. Je souhaite (...) qu’il puisse l’être dès les rendez-vous ministériels d’octobre', a-t-il dit après une rencontre avec son homologue. Faute d'amendement de la directive européenne, le 'dumping fiscal' pratiqué dans certains pays de l'Est risque de mener à un démantèlement de l'UE, a-t-il ajouté.

Pas assez claire

Klaus Iohannis a pour sa part jugé que 'la directive n'est pas suffisamment claire et pas suffisamment bonne'. 'Il est bien clair qu’il faut améliorer cette directive, il est inacceptable de voir ces mécontentements d’une part en Europe occidentale et, d’autre part, il faut tenir compte du souhait des gens en Europe de l’Est' de pouvoir travailler en France, en Allemagne ou Espagne, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a souligné que les règles du travail détaché ne concernaient que les transporteurs d'un pays faisant appel à des travailleurs d'un autre pays. Les règles pour les transporteurs embauchant des travailleurs de leur pays relèvent d'une seconde directive qui sera discutée par ailleurs, a-t-il expliqué.

Même travail, même salaire

La République tchèque et la Slovaquie ont apporté leur soutien mercredi à l'offensive française pour durcir les règles du travail détaché.

Après une réunion de travail avec le président français et les Premiers ministres tchèque et slovaque, le chancelier autrichien a fait état d'un accord entre les quatre pays pour obtenir une révision de la directive en octobre, avec des critères s'approchant des demandes françaises.

'Il y aura trois points essentiels à résoudre. Tout d’abord une durée raisonnable du détachement de longue durée : ça doit être moins que les 24 mois qu’on a proposés au début', a dit Christian Kern. 'Nous sommes tous convaincus que le principe du même salaire pour le même travail doit être respecté' et prêts à accroître la collaboration en matière de contrôle des fraudes, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a promis quant à lui de tout faire, avec la République tchèque, 'pour que l'ensemble du groupe de Visegrad se joigne' à leurs positions. Les deux autres membres du groupe, Pologne et Hongrie, sont réticents à durcir ces règles.

Douze mois

Le président français espère obtenir fin octobre à Bruxelles un accord majoritaire pour raccourcir la durée du travail détaché à 12 mois sur une période de deux ans et renforcer les contrôles contre les fraudes.

La France veut aussi s'assurer que les travailleurs détachés perçoivent tous les éléments de rémunération obligatoires dans le pays d'accueil. Elle souhaite en outre renforcer la lutte contre la fraude et les abus, avec des sanctions effectives.

La présidence estonienne de l'Union européenne fera une nouvelle proposition en septembre et une réunion ministérielle est prévue fin octobre que la Commission européenne et plusieurs Etats membres souhaitent conclusive.

Emmanuel Macron devait rencontrer le Premier ministre roumain, Mihai Tudose, avant de s'envoler pour Varna, en Bulgarie, où il s'entretiendra vendredi avec le président et le Premier ministre, Roumen Radev et Boïko Borissov.

/ATS