Catalogne: les séparatistes lancent la campagne interdite de l'indépendance

Les indépendantistes catalans ont lancé jeudi soir la campagne du 'oui' à leur référendum d'autodétermination ...
Catalogne: les séparatistes lancent la campagne interdite de l'indépendance

Catalogne: les séparatistes lancent la campagne interdite de l'indépendance

Photo: Keystone

Les indépendantistes catalans ont lancé jeudi soir la campagne du 'oui' à leur référendum d'autodétermination par un grand meeting. Ils l'ont fait sur fond d'intensification de la pression judiciaire en vue d'empêcher l'organisation de ce scrutin le 1er octobre.

La campagne pour l'indépendance de cette région de 7,5 millions d'habitants du nord-est de l'Espagne a commencé à Tarragone, ville de 130'000 habitants peu indépendantiste, à quelque 100 kilomètres au sud-ouest de Barcelone.

Une ouverture de campagne atypique cependant, car les menaces judiciaires se multiplient contre les indépendantistes. Avant le meeting, les organisateurs ont été 'prévenus qu'ils étaient dans l'illégalité', selon la préfecture. Un responsable des arènes interrogé par l'AFP a cependant déclaré qu'il n'avait reçu aucune notification d'une demande de renoncer à son organisation.

Interrogée sur ce sujet par la chaîne de télévision privée Telecinco, la vice-présidente du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria a juste répondu qu'il était 'interdit de collaborer ou de participer' à ce référendum et que cela concerne 'n'importe quel acte préparatoire'.

Deux semaines pour convaincre

Les indépendantistes, majoritaires au parlement régional depuis 2015, se donnent deux semaines pour convaincre les Catalans de participer à ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle. S'ils l'emportent, ils assurent qu'ils proclameront dans la foulée l'indépendance de la Catalogne, région concentrant 16% de la population espagnole et contribuant à son PIB à hauteur de 20%.

Au début de l'été un sondage commandé par le gouvernement régional indiquait que 49,4% des Catalans étaient contre la sécession et 41,06% pour. Mais les partis opposés à ce référendum appellent leurs sympathisants à ne pas y participer, même si, mécaniquement, cela entraînera une victoire du 'oui'.

Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, se rendra à Barcelone vendredi. Il a appelé les Catalans à désobéir si on leur demandait d'être assesseurs pour ce vote, 'car c'est un acte absolument illégal'. Depuis la convocation le 6 septembre de ce référendum, le gouvernement et la justice agissent sur tous les fronts pour empêcher le déroulement du scrutin.

Le parquet a notamment demandé des poursuites contre la commission électorale, composée de séparatistes, qui tente d'organiser le référendum. Il a estimé qu'ils peuvent être poursuivis pour désobéissance, prévarication et détournement de fonds.

Médias embarrassés

Auparavant, il avait réclamé la convocation des maires qui prennent part à la consultation en 'tant que mis en examen' et menacé de les faire arrêter s'ils n'y répondaient pas. Les autorités ont fermé un site internet géré par l'exécutif catalan faisant la publicité du référendum et interdisent toute publicité sur le scrutin.

D'importants journaux régionaux, comme la Vanguardia et même le quotidien Ara, proche des séparatistes, ont préféré ne pas publier d'annonces en lien avec la campagne. Auparavant, le procureur général avait ordonné la saisie du matériel électoral.

Mais ces menaces semblent galvaniser le camp du 'oui'. Sur 948 maires catalans, 712 veulent participer à l'organisation de la consultation en mettant des locaux à disposition, selon l'Association des municipalités pour l'indépendance (AMI).

A Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a de son côté promis qu'il 'respecterait toujours les décisions de la Cour constitutionnelle espagnole et de son Parlement'.

/ATS
 

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