Affrontements entre policiers et islamistes au Pakistan

La police a annoncé samedi avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser ...
Affrontements entre policiers et islamistes au Pakistan

Affrontements entre policiers et islamistes au Pakistan

Photo: KEYSTONE/EPA/SOHAIL SHAHZAD

La police a annoncé samedi avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des religieux radicaux qui bloquaient depuis plus de deux semaines les voies d'accès à Islamabad, la capitale du Pakistan. Des dizaines de personnes ont été interpellées.

Un policier a été tué après avoir reçu une pierre sur la tête, selon une source sécuritaire. Une quarantaine de personnes ont également été blessées, dont une trentaine de membres des forces de l'ordre. La plupart ont été hospitalisées, selon un responsable de la police. Plusieurs milliers de policiers et de paramilitaires ont été mobilisés pour cette opération visant à déloger un millier de partisans du parti musulman ultra-radical Tehreek-e-Labaik.

Les membres de ce groupe ont déclaré qu'ils ne quitteraient pas les lieux. Ils demandent la démission du ministre de la justice Zahid Hamid qu'ils accusent d'avoir modifié une prestation de serment électoral dans un sens blasphématoire. 'Nous sommes des milliers. Nous ne partirons pas. Nous combattrons jusqu'à la fin', a déclaré le porte-parole du Tehreek-e-Labaik, Ejaz Ashrafi, joint par téléphone.

Routes bloquées

Par crainte de violences, le gouvernement a fait bloquer par des conteneurs plusieurs routes menant à Islamabad pour canaliser les manifestants. Résultat: des embouteillages monstres dans la ville.

Sur des images de télévision, on voyait des flammes et de la fumée s'élever des rues où les agents en tenue anti-émeutes progressaient. Des manifestants, dont certains portaient des masques à gaz, ripostaient. Les heurts ont éclaté sur plusieurs artères de la ville.

La justice pakistanaise a déjà exigé à plusieurs reprises du gouvernement qu'il procède à l'évacuation des manifestants. Celui-ci ne s'était pourtant pas exécuté, s'enlisant dans des négociations infructueuses, par crainte que cette mesure ne lui coûte trop cher politiquement à moins d'un an des élections législatives.

La justice a annoncé qu'elle convoquerait lundi le ministre de l'intérieur pour qu'il s'explique sur l'inaction du gouvernement.

Solidarité en province

Samedi en fin de matinée (heure locale), des partisans du Tehreek-e-Labaik sont descendus dans les rues de plusieurs autres villes du pays en signe de solidarité avec les manifestants d'Islamabad.

Environ 500 protestataires ont ainsi bloqué l'une des grandes artères de Karachi, la plus grande ville du pays, selon un journaliste de Reuters. A Lahore, dans l'est, les sympathisants du Tehreek-e-Labaik ont obstrué trois artères menant à la cité, a déclaré de son côté un porte-parole du gouvernement provincial.

La question du blasphème est très sensible au Pakistan. En 2011, le gouverneur progressiste de la province du Pendjab, Salman Taseer, a été assassiné par un de ses gardes du corps pour avoir remis en question la loi sanctionnant de la peine de mort les insultes à l'islam ou au prophète Mahomet.

Le Tehreek-e-Labaik considère le meurtrier de Salman Taseer, qui a été exécuté l'année dernière, comme un héros de l'islam.

/ATS
 

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