Le Congrès valide la victoire de Biden à la présidentielle

Après une séance perturbée par des violences, le Congrès a confirmé la victoire du Joe Biden ...
Le Congrès valide la victoire de Biden à la présidentielle

Après une séance perturbée par des violences, le Congrès a confirmé la victoire du  Joe Biden

Les résultats de Joe Biden à la présidentielle ont été officiellement confirmés par le Congrès américain. (Photo : KEYSTONE / AP / Susan Walsh). Les résultats de Joe Biden à la présidentielle ont été officiellement confirmés par le Congrès américain. (Photo : KEYSTONE / AP / Susan Walsh).

Au milieu de la nuit, et après le rejet d'objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à « l'insurrection », « presque à la sédition » selon les termes de Joe Biden, quand une foule de supporteurs du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Les images prises de l'intérieur du majestueux bâtiment situé au cœur de la capitale fédérale américaine marqueront l'Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires.

Elles resteront à jamais associées à la fin de mandat tumultueux de Donald Trump, dont le jusqu'au boutisme a aliéné une partie de son propre camp.

Après une journée qui pourrait s'avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu'il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son « complet désaccord » avec le résultat, il s'est engagé à un transfert du pouvoir « ordonné ».

Depuis plus de deux mois, il refuse d'accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Sa croisade a culminé mercredi avec la prise d'assaut sur le siège du pouvoir législatif.

Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés à Washington pour rétablir le calme après plusieurs heures d'extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur en fin d'après-midi dans la ville, où l'état d'urgence sera prolongé durant deux semaines.

Au milieu de la confusion, une femme a été mortellement blessée dans le Capitole par un tir de la police. Ancienne militaire, cette Californienne s'appelait Ashli Babbitt et était une ardente partisane du milliardaire républicain.

Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mercredi. Mais la police s'abstient pour l'instant de lier directement ces décès aux violences.


« Je vous aime »

Lors d'une allocution au ton grave prononcée au plus fort de la crise, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a dénoncé une attaque « sans précédent » contre la démocratie américaine. Il a appelé Donald Trump à s'exprimer « immédiatement » à la télévision pour réclamer « la fin du siège » du Capitole.

En guise d'adresse solennelle, le président américain s'est contenté de quelques tweets et d'une brève vidéo mise en ligne sur internet dans laquelle il a demandé à ses partisans de se tenir à l'écart de la violence et de "rentrer chez eux".

« Je vous aime (...). Je comprends votre douleur », a-t-il cependant ajouté, évoquant une nouvelle fois une élection « volée ».

La vidéo a été retirée peu après par Facebook qui a jugé qu'elle « contribuait aux risques de violence ». Le réseau social a par la même occasion décidé de bloquer le président américain pendant 24 heures. De son côté, Twitter a également supprimé la vidéo, a bloqué le compte @realDonaldTrump pour douze heures et l'a menacé de suspension permanente, des mesures sans précédent.

Le seul des prédécesseurs républicains de Donald Trump encore en vie, George W. Bush, a dénoncé des scènes de chaos dignes d'une « république bananière ». Pour l'ancien président démocrate Barack Obama, ces violences sont « un moment de déshonneur et de honte » pour l'Amérique. « Mais pas une surprise ».


« Scènes honteuses »

Ces images ont également suscité l'indignation à travers le monde. La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite « triste » et « en colère ». Londres a dénoncé des « scènes honteuses ». Le président français Emmanuel Macron a exhorté à ne rien céder face à « la violence de quelques-uns » contre les démocraties.

Du côté des ennemis des Etats-Unis, le président iranien Hassan Rohani a estimé que ces évènements montraient que la démocratie occidentale est « fragile et vulnérable ».

Selon la US Capitol Historical Society, c'est la première fois que le Capitole a été envahi depuis que le bâtiment avait été incendié par les troupes britanniques en 1814.


Le Sénat désormais démocrate

Les violents incidents sont intervenus au lendemain de deux élections partielles en Géorgie remportées par les démocrates, qui ont ainsi repris le contrôle du Sénat aux républicains.

Le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l'Histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud traditionnellement conservateur.

Et Jon Ossoff a remporté la deuxième sénatoriale cruciale en Géorgie. A 33 ans, il va devenir le plus jeune sénateur démocrate depuis... Joe Biden en 1973.

Les démocrates auront 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aura le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate. /ATS-gtr


Actualisé le

 

Articles les plus lus