La trêve entrée en vigueur en Syrie semble globalement respectée

Un cessez-le-feu entre le régime et les rebelles syriens, négocié par la Russie et la Turquie ...
La trêve entrée en vigueur en Syrie semble globalement respectée

La trêve entrée en vigueur en Syrie semble globalement respectée

Photo: Keystone

Un cessez-le-feu entre le régime et les rebelles syriens, négocié par la Russie et la Turquie, est entré en vigueur jeudi à minuit sur l'ensemble du territoire syrien. Quelques heures plus tard, il était globalement respecté, malgré quelques accrochages.

Des affrontements entre rebelles et unités de l'armée ont éclaté le long de la limite administrative entre les provinces de Hama et d'Idlib, ainsi que d'accrochages isolés ont été signalés dans le sud du pays, dans les régions de Deraa et de Kouneïtra, ont indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche des rebelles, et un responsable des insurgés.

Selon l'OSDH, 'des petits groupes rebelles et des forces loyalistes cherchent à détruire la trêve'. Dans de nombreux secteurs, toutefois, il semble que les armes se soient tues.

L'accord de trêve avait été annoncé dans la journée de jeudi par le président russe Vladimir Poutine. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient des rebelles, a qualifié cet accord d''opportunité historique' pour mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.

Troisième trêve

Il s'agit du troisième cessez-le-feu national conclu cette année. Les deux premiers, négociés par la Russie et les Etats-Unis en février et septembre, n'ont tenu que quelques semaines avant de voler en éclats. Ni Washington ni l'ONU n'ont été associés aux discussions qui ont conduit à celui de jeudi.

Mais le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que les Etats-Unis pourraient s'associer à ce processus de paix une fois le président élu Donald Trump entré en fonctions le 20 janvier. Le ministre russe a dit souhaiter également que l'Egypte, mais aussi l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Irak, la Jordanie et les Nations unies y soient associés.

Un certain nombre de groupes rebelles ont signé l'accord, a déclaré le ministère russe de la défense. Un porte-parole de l'armée syrienne libre, vaste alliance de plusieurs groupes d'insurgés, avait déclaré que l'ASL respecterait la trêve.

Négociations de paix

L'accord de trêve s'accompagne d'une déclaration en faveur de l'ouverture de négociations de paix à Astana, la capitale du Kazakhstan, a déclaré Vladimir Poutine. Aucune date n'a encore été annoncée pour ces pourparlers.

'Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre d'Astana', s'est contenté d'indiquer le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, sans préciser quels groupes de l'opposition y participeraient. Les médias officiels syriens ont déclaré jeudi soir qu'elle aurait lieu 'prochainement'.

Le haut comité des négociations (HCN), regroupant une grande partie de l'opposition syrienne, devrait participer aux prochaines négociations, a indiqué Oussama Abou Zeid, conseiller juridique auprès des rebelles dits 'modérés', alliés à la coalition nationale syrienne.

La réunion d'Astana précédera des négociations intersyriennes qui doivent être organisées par l'ONU le 8 février à Genève. Astana n'est pas 'une alternative à Genève', selon le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, mais 'une étape complémentaire'.

Damas en position de force

Damas négociera en position de force après la défaite infligée ce mois-ci aux rebelles dans la grande ville d'Alep, qui constituait le dernier grand bastion urbain des insurgés.

Avant que des discussions puissent avoir lieu, le cessez-le-feu devra tenir bon. Or un certain flou persiste sur les groupes rebelles concernés par l'accord de trêve.

L'armée syrienne a déclaré que le cessez-le-feu ne concernait pas l'Etat islamique ni les combattants de l'ex-front al-Nosra ni les factions liées à ces groupes djihadistes. Plusieurs responsables rebelles ont, en revanche, indiqué que l'ex-front al-Nosra était inclus dans l'accord de trêve.

La guerre en Syrie, qui a commencé en 2011, a fait plus de 300'000 morts et plus de 11 millions de déplacés.

/ATS


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