Affaire Skripal: le Kremlin somme Londres de s'excuser

Le laboratoire britannique qui a analysé la substance utilisée contre un ex-espion russe en ...
Affaire Skripal: le Kremlin somme Londres de s'excuser

Affaire Skripal: l'OIAC refuse une enquête russe

Photo: KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a repoussé une proposition de la Russie d'enquêter avec la Grande-Bretagne sur l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal. Une agression dont s'accusent mutuellement Londres et Moscou.

'Malheureusement, nous n'avons pas pu recueillir deux tiers des voix en faveur de cette motion. Une majorité qualifiée était nécessaire', a déclaré à la presse l'ambassadeur russe Alexandre Choulguine. Il s'est exprimé mercredi soir à La Haye, ville où était organisée la réunion de l'OIAC.

'La proposition était d'avoir une enquête conjointe, conduite par la Russie et le Royaume Uni. Le directeur général de l'OIAC aurait été un médiateur', a ajouté le diplomate. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment, se sont opposés à la proposition russe laquelle a reçu le soutien de l'Iran, de la Chine et de certains pays africains.

Au début de la réunion organisée mercedi à la demande de la Russie, Londres avait qualifié de 'pervers' la proposition russe de mener une enquête conjointe sur l'empoissonnement de l'ex-agent russe et de sa fille. Londres mène sa propre enquête, avec l'assistance technique des experts de l'OIAC. Moscou accuse désormais les Britanniques et les Etats-Unis d'en être responsables.

Les représentants des 41 Etats membres du Conseil exécutif de l'OIAC, qui supervise l'application de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques visant à débarrasser le monde de ces armes, ont longuement discuté de cette crise, l'une des pires entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la Guerre froide.

La réunion s'est déroulée le lendemain de l'annonce par un laboratoire britannique qu'il n'avait pas de preuve que la substance utilisée contre un ex-espion russe en Angleterre provenait de Russie.

'Immense préjudice'

Alors que l'ambiance se faisait de plus en plus lourde derrière les murs de l'organisation à La Haye, le chef du renseignement extérieur russe Sergueï Narychkine a haussé le ton, affirmant que l'affaire Skripal avait été 'grossièrement fabriquée par les services spéciaux de Grande-Bretagne et des Etats-Unis'.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait déjà affirmé lundi que l'empoisonnement 'pouvait être dans l'intérêt du gouvernement britannique' pour détourner l'attention du Brexit au sein de la population du pays.

'Nous nous attendons à ce que le bon sens l'emporte et à ce qu'on arrête d'infliger cet immense préjudice aux relations internationales', avait pour sa part déclaré M. Poutine mercredi en fin d'après-midi lors d'une conférence de presse à Ankara à l'issue d'un sommet sur la Syrie avec ses homologues turc et iranien.

Un rappel de la Guerre froide

Quelques jours après l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenu le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre), la cheffe du gouvernement britannique Theresa May avait mis en cause Moscou, estimant qu'il s'agissait de 'la seule explication plausible'.

La Russie, qui clame son innocence depuis le début, s'estime renforcée par les déclarations du laboratoire britannique ayant analysé la substance utilisée contre l'ex-espion. Ce dernier l'a identifié comme étant du Novitchok, un agent innervant de type militaire dont l'origine serait un laboratoire soviétique, mais a reconnu ne pas avoir de preuve qu'elle provenait de Russie.

L'OIAC avait été sollicitée par Londres pour 'vérifier l'analyse du gouvernement' britannique. Ses experts se sont rendus au Royaume-Uni pour obtenir des échantillons de la substance utilisée lors de l'empoisonnement, qui doivent être analysés dans des laboratoires internationaux indépendants.

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, étaient toujours hospitalisés mardi. L'état de santé de cette dernière 's'améliore rapidement', elle 'n'est plus dans un état critique', contrairement à son père, qui est dans un état 'stable', selon l'hôpital.

/ATS
 

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