Amnesty dénonce le régime répressif de Maduro

Pénurie alimentaire, châtiment et peur: dans un rapport publié mercredi, Amnesty International ...
Amnesty dénonce le régime répressif de Maduro

Amnesty dénonce le régime répressif de Maduro

Photo: Keystone/EPA EFE/CRISTIAN HERNANDEZ

Pénurie alimentaire, châtiment et peur: dans un rapport publié mercredi, Amnesty International (AI) dénonce la formule répressive et arbitraire exercée par le régime du président vénézuélien Nicolas Maduro.

'Les autorités placées sous la responsabilité de Nicolas Maduro recourent à la peur et aux sanctions pour tenter d'imposer une ignoble stratégie de contrôle social visant celles et ceux qui réclament un changement. Son gouvernement s'en prend aux personnes les plus pauvres, qu'il prétend pourtant défendre, en les tuant, en les arrêtant et en les menaçant', a critiqué Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d'Amnesty International.

Le rapport de l'ONG a passé sous la loupe les manifestations anti-Maduro qui ont eu lieu du 21 au 25 janvier dernier. En cinq jours, au moins 41 personnes sont mortes au cours de ces manifestations, toutes des suites de blessures par arme à feu. Plus de 900 personnes ont été arrêtées de façon arbitraire, et le 23 janvier (le jour où des manifestations ont eu lieu dans tout le pays), 770 arrestations arbitraires ont été recensées, note AI.

Une cinquantaine de témoignages

Lors d'une mission de recherche menée dans les Etats de Lara, Yaracuy, Vargas et dans plusieurs secteurs à Caracas, entre le 31 janvier et le 17 février, Amnesty International a rassemblé plus de 50 témoignages. L'ONG a réuni des informations sur 15 cas emblématiques, y compris sur des cas de violations graves des droits humains et de crimes de droit international.

Les informations obtenues dans ces différents secteurs font apparaître des 'pratiques caractéristiques'. Elles montrent que 'les autorités étatiques ont procédé à des exécutions extrajudiciaires à des fins de contrôle social en utilisant la Police nationale bolivarienne (PNB), et plus particulièrement ses Forces d'action spéciale (FAES), à l'encontre des personnes participant d'une manière ou d'une autre aux manifestations', selon le rapport.

'Les quartiers les plus pauvres de Caracas et d'autres régions du pays ont été plus spécialement touchés et stigmatisés, enregistrant le plus grand nombre de victimes, qui ont par la suite été présentées comme étant des 'criminels' tués lors d’affrontements avec les autorités', poursuit l'enquête.

Appel lancé à l'ONU

'Comme nous l'avons déjà observé à de nombreuses reprises au Venezuela, les autorités veulent nous faire croire que les personnes qui ont perdu la vie au cours des manifestations - essentiellement des jeunes issus de milieux défavorisés - étaient des criminels. Mais leur seul crime a été d'oser réclamer un changement et de demander à vivre dans la dignité', affirme Erika Guevara-Rosas.

'Le système judiciaire vénézuélien semble avoir pour politique d'abandonner les victimes de violations des droits humains. Les rares personnes suffisamment courageuses pour porter plainte ne sont pas défendues et sont en danger à cause de l’absence de réaction des autorités', souligne-t-elle.

'En raison des graves obstacles qui entravent l'accès à la justice au Venezuela', Amnesty International demande au Conseil des droits de l'homme de l'ONU de remédier à 'l'impunité totale qui règne actuellement au Venezuela'. L'ONG souhaite la création d'un organe d'enquête indépendant chargé de surveiller la situation des droits humains dans le pays et d'en rendre compte.

/ATS
 

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