L'armée israélienne a annoncé samedi vouloir intensifier ses bombardements sur la bande de Gaza, alors que la situation y est 'catastrophique', selon 5 agences de l'ONU. Seul un convoi d'aide humanitaire venant d'Egypte a pu pénétrer dans le territoire palestinien.
'La situation humanitaire à Gaza était désespérée avant les récentes hostilités. Elle est aujourd'hui catastrophique', ont indiqué dans un communiqué cinq agences, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'UNICEF.
Les hôpitaux sont 'submergés' de blessés et les enfants 'meurent à un rythme alarmant, privés de leur droit à la protection, à la nourriture, à l'eau et aux soins de santé', ont-elles ajouté.
Le poste-frontière de Rafah, seule issue de la bande de Gaza à ne pas être contrôlée par Israël, s'est refermé, selon des témoins, après le passage d'un petit convoi de 20 camions, ce qui est très insuffisant selon l'ONU. Pour cette dernière, il faudrait au moins 100 camions par jour pour répondre aux besoins des 2,4 millions d'habitants du territoire.
Pour le secrétaire général de l'ONU António Guterres, 'un acheminement massif d'aide est nécessaire'. Lors d'un sommet international tenu au Caire, il a réclamé un 'cessez-le-feu humanitaire' pour 'mettre fin au cauchemar' de la population.
Offensive terrestre en préparation
Israël, qui a promis 'd'anéantir' le Hamas, se prépare pendant ce temps à une offensive terrestre à Gaza contre le mouvement islamiste Hamas. L'armée veut 'augmenter les frappes' sur le territoire dès ce samedi, a déclaré un porte-parole.
Samedi, les bombardements israéliens se sont poursuivis sur Gaza tandis que des tirs de roquettes de groupes palestiniens ont continué à viser Israël. Plusieurs responsables de l'armée ont rendu visite aux troupes, insistant sur la préparation des forces armées.
'Nous allons entrer dans Gaza. Nous allons le faire pour un but opérationnel, détruire les infrastructures et les terroristes du Hamas et nous allons le faire de manière professionnelle', a déclaré lors d'une revue des troupes le chef d'état-major Herzi Halevi.
Dans la bande de Gaza, où un million de Palestiniens selon l'ONU ont fui les bombardements dans le nord pour se masser dans le sud, près de la frontière avec l'Egypte, la situation est 'catastrophique', ont affirmé samedi les cinq agences de l'ONU.
Appel de Biden
'Le temps est compté avant que les taux de mortalité ne montent en flèche en raison de l'apparition de maladies et du manque de capacités en matière de soins de santé', ont prévenu ces agences.
Le président américain Joe Biden a exhorté samedi toutes les parties prenantes au conflit à continuer de laisser entrer l'aide humanitaire, 'une nécessité cruciale', dans la bande de Gaza.
Soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, la bande de Gaza, un territoire pauvre et exigu de 362 kilomètres carrés, est placée depuis le 9 octobre en état de 'siège complet' par Israël qui y a coupé l'eau, l'électricité et l'approvisionnement en nourriture.
Plus de 1400 personnes ont été tuées en Israël par les hommes du Hamas depuis le 7 octobre, en majorité des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou morts de mutilations le jour de l'attaque menée depuis la bande de Gaza, selon les autorités israéliennes.
Dans la bande de Gaza, 4385 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les bombardements incessants menés en représailles par l'armée israélienne, selon le ministère de la santé du Hamas.
'44'000 bouteilles d'eau'
Le convoi entré samedi, transportant de l'eau, des conserves et de fournitures médicales, 'est très en-deçà des besoins de la bande de Gaza', a assuré un porte-parole du gouvernement du Hamas, précisant qu'en temps normal quelque 500 camions passaient chaque jour dans le territoire palestinien.
Plus de 44'000 bouteilles d'eau potable, 'juste assez pour 22'000 personnes pendant une journée', ont été acheminées à Gaza, a précisé l'ONU. L'ONU a notamment insisté sur la nécessité de livrer du carburant, vital pour le territoire palestinien.
Samedi, les dirigeants palestinien, jordanien et égyptien réunis en Egypte, aux côtés notamment des Européens Charles Michel et Josep Borrell, ont plaidé pour un 'cessez-le-feu' et une 'solution' à 75 ans de conflit israélo-palestinien.
Autre foyer de tension, la région du nord d'Israël frontalière avec le Liban se vide de ses habitants, alors que les échanges de tirs se multiplient entre l'armée israélienne et le Hezbollah pro-iranien, allié du Hamas. Le Hezbollah a annoncé samedi que quatre de ses combattants avaient été tués.
En Cisjordanie, des heurts ont fait un mort dans la nuit, portant à 84 le nombre de morts palestiniens depuis le 7 octobre dans ce territoire palestinien occupé par Israël, selon le ministère palestinien de la santé.
/ATS









