L'Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé vendredi l'ouverture prochaine d'un corridor maritime entre Chypre et la bande de Gaza pour acheminer l'aide humanitaire dans le territoire palestinien. Bombardée par Israël, la population est menacée de famine.
Cette annonce a suivi celle du président américain Joe Biden jeudi sur une opération humanitaire majeure par mer impliquant selon des responsables américains la construction d'une 'jetée temporaire' à Gaza pour permettre l'arrivée d''aides massives', qui pourrait cependant prendre plusieurs semaines.
Israël s'est 'félicité' du corridor humanitaire maritime prévu entre Chypre et Gaza, distantes d'environ 370 km. Cette initiative 'permettra l'augmentation de l'aide (entrant) dans Gaza après un contrôle de sécurité correspondant aux standards israéliens', selon les Affaires étrangères.
Pression grandissante de Washington
Après cinq mois d'une guerre dévastatrice déclenchée le 7 octobre par une attaque sanglante du Hamas contre Israël, les frappes israéliennes sur Gaza ne connaissent aucun répit: ces dernières 24 heures, au moins 78 personnes y ont péri, portant à 30'878 le bilan des morts à Gaza depuis le début du conflit selon les autorités du mouvement islamiste.
Les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur Israël, leur allié, qui assiège Gaza depuis le 9 octobre et ne laisse entrer les camions d'aides qu'au compte-gouttes en provenance d'Egypte.
Selon l'ONU, sur les 2,4 millions d'habitants dans le territoire exigu, 2,2 millions sont menacés de famine avec d'importantes pénuries de nourriture et d'eau potable et 1,7 ont été déplacés par les combats et les frappes israéliennes qui ont provoqué des destructions colossales.
Opération 'complexe'
'Nous sommes très proches de l'ouverture de ce corridor, avec un peu de chance ce dimanche', a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au port de Larnaca dans le sud de Chypre, le pays de l'Union européenne géographiquement le plus proche de Gaza.
'La situation humanitaire à Gaza est désastreuse (...). C'est pourquoi la Commission européenne, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, Chypre, les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni et les Etats-Unis annoncent aujourd'hui leur intention d'ouvrir un corridor maritime pour acheminer l'aide humanitaire supplémentaire qui fait cruellement défaut', selon une déclaration commune des participants.
Tout en reconnaissant que cette opération serait 'complexe', ils ont souligné leur détermination à oeuvrer pour 'garantir que l'aide soit acheminée le plus efficacement possible'.
Accompagnée des Premiers ministres de Grèce Kyriakos Mitsotakis et de Belgique Alexander De Croo, Mme von der Leyen doit se rendre le 17 mars en Egypte, médiateur dans le conflit et qui maintient fermée sa frontière terrestre avec la bande de Gaza.
Largages meurtriers
Vendredi, plusieurs pays arabes et occidentaux, dont les Etats-Unis et la France, ont effectué de nouveaux largages aériens de nourriture et d'aides médicales.
Mais ces parachutages, de même que l'envoi d'aide par la mer, ne peuvent se substituer à la voie terrestre, estime l'ONU qui met en garde contre une 'famine généralisée presque inévitable' à Gaza.
Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées vendredi et dix autres blessés par la chute de colis d'aide humanitaire largués par des avions sur la ville de Gaza, selon une source hospitalière.
Négociations sur une trêve
'L'armée israélienne continuera à opérer dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah (sud), le dernier bastion du Hamas', a répété jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Pour parvenir à la 'victoire totale', Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, à la frontière égyptienne, où sont massés près de 1,5 million de Palestiniens selon l'ONU.
Après quatre jours de négociations infructueuses au Caire, les négociations sur une trêve impliquant les pays médiateurs - Egypte, Qatar, Etats-Unis - doivent reprendre la semaine prochaine, selon le média égyptien progouvernemental Al-Qahera News.
Les médiateurs espéraient pouvoir arracher un accord sur une trêve associée à une libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens avant le ramadan, le mois sacré du jeûne pour les musulmans, qui commence en début de semaine prochaine.
Le Hamas ne fera 'aucun compromis' sur ses exigences d'un cessez-le-feu définitif et d'un retrait des troupes israéliennes en échange de tout accord sur une libération des otages, a déclaré vendredi le porte-parole de sa branche armée. Des conditions refusées par Israël.
/ATS









