Bolsonaro exige que Macron « retire ses insultes », le feu progresse

Le président brésilien a conditionné une aide du G7 contre les incendies en Amazonie au 'retrait ...
Bolsonaro exige que Macron « retire ses insultes », le feu progresse

Bolsonaro exige que Macron

Photo: KEYSTONE/AP/ERALDO PERES

Le président brésilien a conditionné une aide du G7 contre les incendies en Amazonie au 'retrait de (ses) insultes' par son homologue français Emmanuel Macron. Pendant ce temps, les feux avancent toujours dans la forêt tropicale en dépit de l'intervention de l'armée.

Jair Bolsonaro a pris mardi le parti de l'escalade dans la polémique agressive qui enfle de jour en jour entre le Brésil et la France. Cela alors que les incendies en Amazonie ont provoqué une indignation internationale, mis son pays en difficulté et menacent un accord de libre-échange UE-Mercosur négocié depuis 20 ans.

Le Brésilien a toutefois reçu le 'soutien sans réserve' de Donald Trump. 'Il travaille très dur sur les feux en Amazonie et, à tous égards, fait un très bon boulot pour le peuple brésilien. Pas facile', a tweeté le locataire de la Maison Blanche.

Le président brésilien a promptement réagi, lui aussi sur Twitter: 'Merci président Donald Trump. (...) Le Brésil est et sera toujours une référence internationale en matière de développement durable'.

'Notre Amazonie'

'Monsieur Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne', a aussi déclaré le président brésilien, évoquant les accusations de son homologue selon lesquelles il avait 'menti' sur ses engagements environnementaux.

'D'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte', a dit Jair Bolsonaro. Ce dernier, ex-capitaine de l'armée et climatosceptique assumé, évoque souvent 'notre Amazonie' et a accusé M. Macron d'avoir une 'mentalité colonialiste'.

Au dernier jour du sommet de Biarritz, Emmanuel Macron s'était interrogé sur l'opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète.

Aide refusée

Interrogé sur ces déclarations, la présidence française n'a pas souhaité commenter. Lundi soir, Brasilia avait rejeté sèchement l'aide de 20 millions de dollars proposée par le G7 pour combattre les incendies. 'Nous remercions (le G7 pour son offre d'aide), mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe', a déclaré le chef de cabinet, Onyx Lorenzoni.

Lundi M. Macron avait qualifié de 'propos extraordinairement irrespectueux à l'égard de (son) épouse' un commentaire de Jair Bolsonaro à un post sur Facebook offensant à l'égard de la première Dame.

L'écrivain brésilien Paulo Coelho a demandé pardon après les attaques du président Bolsonaro, comme de nombreux internautes au Brésil, qui exprimaient leur honte, sous le mot-clé #DisculpaBrigitte (Pardon, Brigitte).

'Nous voudrions une Première dame comme vous: élégante, intelligente et qui fasse réellement quelque chose d'utile pour son pays', écrivait un internaute. 'Mais nous avons l'épouse-trophée d'un vieil idiot qui ne sait pas tenir sa langue'. Toutefois le président d'extrême droite bénéficiait d'un fort soutien de la sphère bolsonariste, très mobilisée sur les réseaux sociaux.

Le feu progresse

Sur le terrain, les nouveaux départs de feu ont encore progressé lundi, apportant un démenti à l'affirmation la veille du ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva selon lequel les incendies en Amazonie étaient 'sous contrôle' après le déploiement de l'armée.

Quelque 1659 nouveaux départs de feu ont été recensés au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE) en 24 heures. Au total, 82'285 feux de forêt ont été répertoriés au Brésil depuis le début de l'année, dont plus de la moitié en Amazonie.

A Porto Velho, capitale de l'Etat amazonien de Rondônia, un peu de pluie a allégé l'atmosphère très lourde ces derniers jours des fumées, qui ont conduit de nombreux habitants à consulter pour difficultés respiratoires.

Près de 2500 hommes et une quinzaine d'avions, dont deux bombardiers d'eau C-130 Hercules étaient mobilisés en Amazonie contre ces feux touchant aussi gravement la Bolivie frontalière du président Evo Morales, qui a accepté l'aide internationale.

/ATS
 

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