Collision de Millas: « abîme de douleur » aux obsèques des enfants

Saint-Féliu-d'Avall (sud-ouest de la France) a été plongée dans 'un abîme de douleur' jeudi ...
Collision de Millas: « abîme de douleur » aux obsèques des enfants

Collision de Millas:

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/ROBIN TOWNSEND

Saint-Féliu-d'Avall (sud-ouest de la France) a été plongée dans 'un abîme de douleur' jeudi lors des obsèques de ses collégiens tués dans la collision de leur bus scolaire avec un train. La conductrice a été inculpée pour homicides et blessures involontaires.

Alan, Loïc, Diogo et Teddy: les cercueils blancs de quatre garçons reposaient dans la salle polyvalente du village. L'abbé Benoît de Roeck a aussi évoqué Ophélia, inhumée lundi, et Younès, de confession musulmane et dont les obsèques ont eu lieu mercredi.

Des chants d'enfants ont résonné avant que le curé de Saint-Féliu n'égrène les prénoms des six collégiens tués à Millas lorsque leur car de ramassage scolaire a été percuté à un passage à niveau de la petite commune par un train régional qui roulait à 75 km/h.

'Votre départ laisse un vide cruel dans le coeur de vos parents et de tous vos proches. Rien ne viendra combler ce vide', a déclaré l'évêque de Perpignan au début de la cérémonie religieuse.

Ensemble face à un 'abîme'

'Votre mort plonge vos parents et vos amis dans l'incompréhension, dans un abîme de douleur mais aussi dans la colère, avec cette question: pourquoi?', a ajouté Mgr Norbert Turini.

A Saint-Féliu-d'Avall, village dont toutes les jeunes victimes étaient originaires, balayé par un vent froid, plusieurs milliers de personnes ont assisté à l'hommage, la plupart sur un écran géant.

Quelques centaines de personnes se sont également rassemblées dans l'après-midi à la mosquée de Perpignan, en la mémoire des 'anges perdus', selon le président du lieu de culte, Salim Bencheikh.

Barrières apparemment fermées

Blessée lors de l'accident, la conductrice, qui a été inculpée pour homicides et blessures involontaires, affirme que les barrières du passage à niveau étaient levées.

Mais les 'constatations matérielles' vont 'plutôt dans le sens d'une barrière fermée', a indiqué mardi le procureur de Marseille, alors que le conducteur du train assure lui aussi que les barrières étaient fermées.

La conductrice en 'grande détresse'

Cette quadragénaire, mère de famille, est sortie mercredi soir du palais de justice de Perpignan après y avoir été entendue par deux magistrats instructeurs du pôle accidents collectifs de Marseille.

Entendue quelques minutes par les juges, elle a été hospitalisée après sa sortie 'car son état de santé nécessite des soins importants', a précisé son avocat Me Jean Codognès. Elle est 'effondrée et dans une grande détresse', outre ses blessures physiques dues à l'accident, a indiqué ce dernier.

Sous contrôle judiciaire

'Il arrive souvent' dans ce genre de procédure 'qu'il y ait des rebondissements et des mises en examen d'autres personnes', a fait valoir l'avocat, précisant avoir 'engagé un cabinet d'expertise spécialisé'.

Conformément aux réquisitions du parquet, elle a été 'placée sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de conduire', a précisé à l'AFP le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux.

Cet accident est l'un des plus graves impliquant un transport d'enfants depuis le drame de Beaune (centre-est) en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

/ATS
 

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