Consternation et inquiétude à gauche, incertitude à droite

A gauche, les politiques suisses se disent très inquiets face à l'élection de Trump, craignant ...
Consternation et inquiétude à gauche, incertitude à droite

Consternation et inquiétude à gauche, incertitude à droite

Photo: Keystone

A gauche, les politiques suisses se disent très inquiets face à l'élection de Trump, craignant une flambée du populisme et du nationalisme. Moins alarmistes, les partis bourgeois évoquent avant tout un climat d'incertitude et des conséquences moindres pour la Suisse.

Le Parti socialiste (PS) a réagi quelques minutes après l'annonce de l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis. Dans un communiqué, il s'est dit très inquiet que ce 'mégalomane, narcissique et populiste' ait été élu président.

Pour le PS, il s'agit d'un signal d'alarme, en particulier pour les droits de femmes, la diversité culturelle et sociétale ainsi que le multilatéralisme. Avec Trump au pouvoir, l'ordre mondial créé il y a 70 ans est compromis, déplore le parti qui craint une flambée du populisme et du nationalisme agressif.

Confrontation, exclusion et racisme: le conseiller national Tim Guldimann (PS/ZH) tire la même sonnette d'alarme. Il estime qu'il faut aborder ouvertement la question du populisme de droite et ne pas céder aux frustrations des populistes à l'encontre de la politique établie.

Montée du populisme

La volonté du milliardaire d'affirmer la position des Etats-Unis comme grande puissance se fera ressentir jusqu'en Suisse. Berne en subira les effets au travers du protectionnisme, affirme l'ancien diplomate membre de la commission de politique extérieure.

Le populisme fait également peur au conseiller national Claude Béglé (PDC/VD). Un effet d'entraînement pourrait être à craindre dans certains pays européens qui éliront bientôt leur président, comme la France. L'élection de Trump prouve que 'le populisme est la bonne formule', avertit-il.

Pour Micheline Calmy-Rey, la victoire du candidat populiste n'est 'pas si surprenante que ça'. L'ex-conseillère fédérale compare volontiers le résultat du scrutin présidentiel américain à ceux du Brexit en Grande-Bretagne ou du 9 février sur l'immigration de masse en Suisse.

Face aux angoisses, peurs et pertes de confiance, les gens se tournent vers des politiciens qui les rassurent, analyse l'ancienne cheffe de la diplomatie suisse. Et apparemment, 'Hillary Clinton n'était pas de nature à rassurer'.

Climat et libre-échange

Chez les Verts, c'est avant tout pour la protection climatique et l'accord de Paris que l'on s'inquiète. Les Etats-Unis sont l'un des plus gros émetteurs de CO2 de la planète, et avec Donald Trump comme président, les objectifs du texte ne vont probablement pas être appliqués sur le territoire américain, pronostique la conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens.

Du côté bourgeois, on est nettement moins alarmiste. La Suisse étant un important partenaire commercial des Etats-Unis, elle ne devrait pas être impactée négativement par l'élection de Trump, selon Claude Béglé. 'Tout ce qui fonctionne va continuer de fonctionner'.

Il ne s'attend pas du tout à un effondrement économique, au contraire. En revanche, le libre-échange et tout ce qui est lié au multilatéralisme souffriront.

Un avis partagé par la présidente du Conseil national Christa Markwalder (PLR/BE). La victoire de Trump laisse planer un 'climat d'insécurité' et de nombreuses incertitudes. 'On a connu le candidat Trump, pas encore le président Trump', souligne Claude Béglé.

Bonnes relations

Néanmoins, la députée libérale-radicale est convaincue que la Suisse a tout intérêt à poursuivre ses bonnes relations avec les Etats-Unis. Les deux pays partagent des valeurs.

Le conseiller national Andreas Aebi (UDC/BE) et membre de la commission de politique extérieure va, lui, jusqu'à penser que le milliardaire pourrait se réjouir de collaborer avec la Suisse, un pays innovant et indépendant hors de l'Union européenne. Il est par ailleurs convaincu que les sénateurs américains ne suivront pas toujours Donald Trump.

Il ne s'avance en revanche pas trop quant aux répercussions sur la Suisse. 'Que ce soit l'accord de libre-échange transatlantique, le climat ou le racisme, tout est entièrement ouvert pour l'instant'.

'Rien ne change'

Au sein du collège gouvernemental, on a pris acte de l'élection du candidat républicain à la tête des Etats-Unis. Le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, a félicité Donald Trump, évoquant au passage les étroites relations économiques, politiques et culturelles qui lient la Suisse et les Etats-Unis.

Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a pour sa part déclaré que la Suisse 'pourra travailler avec n'importe quelle administration' aux Etats-Unis. Elle continuera à défendre ses intérêts et ses valeurs quel que soit le gouvernement américain.

'Rien ne change pour nous', a dit le conseiller fédéral sur les ondes de la RTS mercredi, soulignant que les deux grandes priorités pour la Suisse restent la paix et la sécurité ainsi que l'économie, la science, la recherche et l'innovation.

/ATS


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