Contre Maduro, l'opposition mise sur la grève générale

La grève générale à laquelle l'opposition avait appelé vendredi pour mettre sous pression Nicolas ...
Contre Maduro, l'opposition mise sur la grève générale

Contre Maduro, l'opposition mise sur la grève générale

Photo: Keystone

La grève générale à laquelle l'opposition avait appelé vendredi pour mettre sous pression Nicolas Maduro a été partiellement suivie. Le président vénézuélien a dans le même temps menacé de mettre ses opposants en prison.

A Caracas, Maracaibo (2e ville du pays), San Cristobal et d'autres grands centres urbains, le mouvement a été moins suivi qu'à l'accoutumée. Les transports, certains commerces, les banques et les écoles ont fonctionné normalement. La grève a commencé à 06h00 locale (midi en Suisse) et s'est achevée à 18h00 (minuit en Suisse).

L'opposition de centre droit, réunie au sein de la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD), avait appelé les travailleurs du Venezuela à abandonner 'les rues et les postes de travail'.

'On dirait un samedi, ça ne fonctionne pas à plein régime mais ce n'est pas totalement paralysé non plus', a déclaré le vice-président du syndicat patronal Fedecamaras, Carlos Larrazabal. 'Une fois de plus, c'est un échec pour la droite', s'est réjoui dans une boulangerie le ministre de l'alimentation, Rodolfo Marco Torres.

Le mouvement social de vendredi faisait partie de la stratégie de l'opposition pour riposter au gel par le Conseil national électoral (CNE) du processus destiné à organiser un référendum en vue de révoquer le président. Ragaillardis par la large mobilisation de mercredi, les antichavistes (du nom de l'ancien président défunt Hugo Chavez) veulent placer Nicolas Maduro au pied du mur.

Menaces du président

Ce dernier a vivement réagi en menaçant de faire arrêter les dirigeants de l'opposition si un processus de destitution était engagé contre lui au parlement, comme c'est prévu la semaine prochaine. Afin de neutraliser la grogne, M. Maduro a augmenté jeudi de 40% le salaire minimum, à environ 140 francs par mois.

Importante en apparence, cette hausse reste infime par rapport à l'inflation galopante régnant au Venezuela. Stimulée par les pénuries, elle est devenue incontrôlable: prévue à 475% cette année, par le FMI, elle devrait exploser à 1660% l'année prochaine.

Le président avait aussi menacé de faire occuper par les militaires les entreprises participant à la grève. L'armée a d'ailleurs récemment apporté son soutien à Nicolas Maduro. Quelque 700 entreprises devaient ainsi être inspectées, selon le chef de l'Etat.

Nouvelle marche jeudi

Une 'marche pacifique' doit s'élancer jeudi prochain vers le palais présidentiel de Miraflores, lieu hautement symbolique: le 11 avril 2002, une manifestation s'y dirigeant avait viré au coup d'Etat et le président Hugo Chavez en avait été délogé pendant trois jours.

Les opposants tenteront de signifier à Nicolas Maduro le résultat du vote du parlement, prévu juste avant, sur la procédure déclenchée à son encontre pour 'manquements aux devoirs liés à sa charge'. La MUD étant majoritaire à l'Assemblée nationale, le résultat semble acquis.

Le parlement prévoyait aussi de débattre sur la double nationalité (vénézuélienne et colombienne) supposée du président, ce qui lui aurait interdit d'exercer ses fonctions, mais le Tribunal suprême de justice (TSJ) a validé vendredi sa nationalité vénézuélienne.

/ATS


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