Début du vote pour la journée finale des élections européennes

Les électeurs sont appelés à voter dimanche dans 21 pays de l'UE, dont la France, l'Allemagne ...
Début du vote pour la journée finale des élections européennes

Elections européennes: frémissement de participation, poussée attendue des eurosceptiques

Photo: KEYSTONE/AP Ritzau Scanpix/CLAUS RASMUSSEN

Les électeurs votaient dimanche dans 21 pays de l'UE pour choisir leurs représentants au Parlement européen. Les partis eurosceptiques devraient réussir une nouvelle poussée selon les sondages.

Quelque 427 millions d'Européens sont en âge de participer au scrutin, qui vise à élire pour 5 ans les 751 membres du Parlement européen.

Une assemblée qui n'a eu de cesse d'accroître ses pouvoirs, mais dont l'élection est généralement marquée par une faible participation (42,6% en 2014).

Participation en hausse

Cette fois, la participation semblait connaître un frémissement, comme en Allemagne ou en France. Elle était de 43,29% à 17h00 en France en métropole, en hausse de 8 points par rapport au scrutin européen de 2014 à la même heure (35,07%), selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les estimations tablent sur une participation totale entre 52% et 54%.

Même tendance en Allemagne, où à 14h00, la participation était de 29,4%, près de 4 points supérieure à 2014. Plusieurs pays étaient sur la même ligne. En Espagne, stimulée par la concomitance avec les élections municipales et régionales, 34,68% des électeurs s'étaient rendus aux urnes, contre 23,87% en 2014.

En Pologne, où le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS), rallié dans l'hémicycle au groupe des souverainistes (CRE, conservateurs), s'est brouillé avec Bruxelles autour de ses réformes controversées de la justice, la participation a bondi à 14,93% à la mi-journée contre 7,31% cinq ans plus tôt.

Participation en hausse également dans la Hongrie du Premier ministre Viktor Orban, dont les relations sont conflictuelles avec Bruxelles: 17,2% à 11h00 contre 11,5% à la même heure en 2014. Elle était plutôt stable au Portugal, à 11,56% ainsi qu'en Roumanie, à 32% à 16h00, soit autant que la participation finale de 2014.

Horaires variables

Les horaires d'ouverture varient selon les pays. En Belgique, l'ensemble des bureaux étaient fermés à 16h00. Les derniers à tirer le rideau seront les Italiens, à 23h00.

Le scrutin a déjà eu lieu dans sept pays depuis jeudi, dont le Royaume-Uni, qui s'est résigné à l'organiser en catastrophe après le nouveau report du Brexit, avec une date butoir désormais fixée au 31 octobre. Le mandat des élus britanniques doit cesser à la sortie de leur pays de l'Union, et leurs sièges seront en partie redistribués à d'autres pays.

Conservateurs en tête en Autriche

Si les résultats officiels ne sont attendus qu'à partir de 23h00, des estimations donnant les tendances étaient attendues dès la fin de l'après-midi dans plusieurs pays.

Elles ont déjà donné le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz largement en tête du scrutin en Autriche. Il devance les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ.

Le Parlement européen prévoit de publier ses premières projections en sièges vers 20h00.

Scores du RN et de la Ligue scrutés

Les scores du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen en France et de la Ligue de Matteo Salvini en Italie, ennemis déclarés des projets européens du président français Emmanuel Macron, font partie des résultats les plus attendus.

Le vent en poupe dans les sondages, les deux alliés d'extrême droite espèrent fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Ces forces restent éclatées en plusieurs groupes au Parlement européen.

Si les sondages laissent présager une nette progression, cet ensemble hétéroclite n'est toutefois pas en mesure d'envisager une majorité au sein du Parlement, où les analystes tablent sur un maximum d'un peu plus d'un tiers des sièges.

Au Royaume-Uni, le parti de l'europhobe Nigel Farage est attendu largement en tête, surfant sur l'incapacité de la Première ministre Theresa May à concrétiser le divorce avec l'UE.

Surprise aux Pays-Bas

Les Néerlandais, qui ont eux aussi voté dès jeudi, ont créé la première surprise avec, selon un sondage, une percée des travaillistes (PvdA) menés par Frans Timmermans, actuel numéro 2 de la Commission.

Le PPE et les sociaux-démocrates (S&D) devraient rester les deux principales formations de l'hémicycle européen, mais vraisemblablement perdre leur capacité à réunir à eux seuls une majorité.

Les libéraux (ALDE) espèrent du coup être incontournables en devenant la troisième force du Parlement, à la faveur d'une alliance envisagée avec les futurs élus macronistes. Les Verts aussi espèrent devenir indispensables.

Cette recomposition politique sera déterminante pour la course aux postes clés des institutions européennes.

/ATS
 

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